Lectures philosophantes

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dimanche 7 décembre 2008

Outils - l'incomplétude



Au-delà de sa simple valeur patrimoniale, un concept vaut en tant qu'outil.
Plus que connaître l'histoire de tel ou tel concept, il convient d'apprendre à se servir d'un concept comme instrument de sa propre pensée.

Texte à venir

mardi 11 mars 2008

Outils - la concupiscence



Au-delà de sa simple valeur patrimoniale, un concept vaut en tant qu'outil.
Plus que connaître l'histoire de tel ou tel concept, il convient d'apprendre à se servir d'un concept comme instrument de sa propre pensée.

La concupiscence est ce plaisir ardent qui trouble le sujet désirant, trouble qui emporte l'âme et corrompt la pureté du désir. Dépoussiéré de ses lourdeurs chrétiennes, le concept de concupiscence oblige à distinguer entre désir et plaisir. Ainsi de la différence entre l'amour et la cupidité chez Thomas d'Aquin. La cupidité est la réalisation d'un désir qui se corrompt en plaisir là où le désir garde toute sa vivacité par son absence de réalisation. La cupidité est le désir d'un plaisir là où l'amour est le désir de l'autre dont le plaisir est la récompense. C'est là toute l'ambiguité d'une phrase pleine de promesses comme"je te veux": est-ce dire "je te désire toi" ou "j'ai besoin de toi pour satisfaire mes plaisirs"?
Aussi le sujet désirant est-il une âme et un corps, la première désirant un bien lorsque le second n'a que le souci de l'agréable. Or, là où le désir entretient une tension toujours vive entre le sujet désirant et l'objet de son désir, le plaisir quant à lui n'aspire qu'à une réalisation rapide de sa jouissance.
La concupiscence dit alors la transformation du désir en un plaisir, c'est-à-dire d'une dynamique en un produit, d'un flux en un rebus, d'une force en un reste.
L'expérience du désir est ainsi faite que, post coïtum, les amants découvrent que le plaisir est la mort du désir.

lundi 21 janvier 2008

Outils - l'appétit




Au-delà de sa simple valeur patrimoniale, un concept vaut en tant qu'outil.

Plus que connaître l'histoire de tel ou tel concept, il convient d'apprendre à se servir d'un concept comme instrument de sa propre pensée.

L'appétit ne se confond pas avec la faim. Là où la faim n'est que le signe d'un manque, l'appétit est un mécanisme du désir où mouvement du désir et jugement sur le désir se confondent. Ainsi l'appétit peut-il être cette forme pressante du désir (avoir un gros appêtit...etc) comme une forme plus élaborée du désir (aiguiser, éveiller l'appêtit...etc). L'appétit est ce supplément d'âme à un vulgaire besoin.

Ainsi l'appétit est cet élan vital qui, à des degrés divers, anime et transporte les êtres vivants. Mais il n'est pas que pulsion de vie, il est aussi ce qui permet de transformer cette même pulsion. Ainsi, désirer est avoir la sensation de ce qui est désirable (voir une belle robe), exprimer sous la forme d'un énoncé son désir ("je veux ce vêtement...") et émettre un jugement sur l'objet de son désir ("... parce qu'elle m'irait si bien!"). Dès lors, l'appétit est autant le mouvement qui me porte vers tel ou tel objet désiré ou désirable que la façon dont un sujet désirant se représente un objet désiré. Désirer, c'est être touché par quelque chose et y penser.
L'appêtit est alors un moteur mis en mouvement qui à la fois nous pousse à désirer toujours et encore et nous permet en même temps de définir ce qui est désirable pour nous. Aussi ne suffit-il pas d'avoir faim pour se mettre en appétit mais encore faut-il imaginer ce que l'on va manger et en élaborer le menu. Car comme moteur mis en mouvement, l'appétit ne doit pas être confondu avec le mobile (les besoins du corps) ou le mécanisme (la faim et ses avatars), mais être compris comme le mouvement qui nous pousse à nous alimenter comme à imaginer ce qui est susceptible de nous régaler.

L'appétit est ce moteur qui nous anime et que l'on transporte à sa guise.

lundi 26 novembre 2007

Outils - l'ardeur, Platon



Au-delà de sa simple valeur patrimoniale, un concept vaut en tant qu'outil.

Plus que connaître l'histoire de tel ou tel concept, il convient d'apprendre à se servir d'un concept comme instrument de sa propre pensée

Les ardeurs du désir. - Qu'est-ce que désirer?
Le désir peut n'être qu'une série de désirs épisodiques difficiles à vaincre, désir se perdant dans la multiplicité des objets possibles. Désirer telle chose est alors un désir qui ne prend sens que relativement à cette chose. Loin d'une compréhension de la nature de son désir, désirer n'est alors plus que la consommation de ce qui se présente comme désirable: je désire tel objet, puis tel autre... l'intensité du désir n'étant que relativement au renouvellement des objets de mon désir.
Aussi faut-il apprendre non pas à désirer toujours à nouveau un nouvel objet du désir, mais à désirer encore et toujours indépendamment de l'objet lui-même. C'est là s'activer à toujours désirer avec un certain sens de la mesure plus qu'à vouloir sans cesse toujours autre chose.

Mais désirer peut aussi être cette furieuse passion qui se traduit par une attirance excessive pour une chose (argent, plaisir du corps...). Ici, le désir est un emportement débridé que la pensée s'efforce de retenir. Mais le sens de la mesure, c'est-à-dire la résistance à l'emportement est elle-même une forme de désir, celui de ne pas céder à la démesure, c'est-à-dire de ne pas se laisser subjuguer par les objets de son désir. Là où la fureur du désir emporte le sujet désirant au-delà de lui-même, la résistance aux désirs le travaille de l'intérieur en le rendant maître de son désir.
Ainsi d'un régime comme tentative de maîtriser son désir de nourriture: ce régime est sans secours tant que l'on se laisse emporter par ses désirs qui ne prennent de la vigueur que grâce à la multiplicité des aliments à sa disposition. On ne cesse alors de céder à la subjugation des objets du désir. Un régime ne fait sens pour soi-même que lorsque l'on devient maître de sa faim: résistant à la tentation, on forge en soi-même une ardeur tout aussi intense qui comble son envie de nourriture. En quoi il y a autant de joie à se sentir maître de soi qu'à succomber à ses désirs.