
A consulter - R. Burton, Anatomie de la mélancholie (1620) en suivant le lien suivant pour le Tome 1 et pour le Tome 2 et plus particulièrement la 3ème partition sur l'amour mélalcolique.

Cours n° 1 : Le désir attrapé par la queue, 2/4 : la loi du manque.
Après avoir identifié les ambiguités de l'expérience du désir, le cours de cette année s'attardera sur un vecteur essentiel du désir, en l'occurence le manque.
Et en effet, qu'est-ce que désirer si ce n'est vouloir ce que l'on n'a pas ou ce que l'on n'est pas. Désirer, est-ce alors vouloir ce qui nous manque? D'où cet impossible paradoxe: lorsque tu n'es pas là, j'espère tant te revoir et te désire d'autant plus; mais lorsque tu es enfin là, mon désir s'estompe d'être ainsi comblé et je m'ennuie.
Bibliographie:
Platon, le Banquet, trad° Jacottet, éd° Livre de Poche.
Descartes, Traité des passions de l'âme, éd° GF-Flammarion.
(Ce cours fait suite à celui de l'année 2007/2008 et peut être complété par Cinéma et philosophie: malaise dans le désir)
Cours n° 2: 13 séances durant l'année en novembre, janvier, mars et mai. Calendrier à définir avec l'Odyssée. Cours d'introduction le 07/10/08
Cinéma et philosophie: malaise dans le désir.
En collaboration avec le cinéma l'Odyssée.
Reprenant les principaux concepts mis en évidence l'année précédente (l'ardeur, l'appétit, la concupiscence, la pulsion), ce cours entend confronter les concepts de la philosophie avec les images du cinéma.
Suite à la projection d'un film, l'analyse précise de séquences de film à l'aide de concepts philosophiques pourra montrer combien philosophie et cinéma font la noce.
La programmation, en partenariat avec l'Odyssée, sera disponible courant octobre. Date et lieu des cours à consulter sur le blog.
Ce cours peut être complété par Le désir attrapé par la queue 2/4

Dans les 3 essais sur la théorie sexuelle (1905), Freud va à l'encontre de l'opinion commune sur la pulsion sexuelle (texte1). Couramment, celle-ci s'entend comme un instinct, latent pendant l'enfance, qui poursuit un processus de maturation aboutissant à l'union sexuelle, but ultime de la vie. A l'inverse, il s'agit de montrer que ce que Freud appelle pulsion et la dynamique psychique dans laquelle elle s'inscrit fait de la sexualité humaine quelque chose de contre-nature.
Aussi, la pulsion peut se définir suivant 4 caractéristiques (texte2 extrait de la Métapsychologie): 1. la poussée (Drang), 2. le but (Ziel), 3. l'objet (Objekt) et 4. la source (Quelle). La pulsion est (1.) la force ou quantité de mouvement qui pousse à désirer; en ce sens, elle peut se confondre avec l'instinct. Par contre, la pulsion s'en distingue par son but. En effet, là où la finalité de l'instinct est déterminée et invariable, la pulsion n'a d'autre but que la satisfaction, celle-ci pouvant empruntée divers voies possibles. Dès lors, la force de la pulsion ne cesse d'être dérivée vers des objets de satisfaction divers et variés. Ainsi, l'objet (3.) est ce en quoi et par quoi la pulsion peut atteindre son but. Moyen plus que but, l'objet de la pulsion n'est que le lieu d'une expérience de satisfaction, la force du désir se dispersant en une multitude d'objets. Enfin, la source (4.) est la traduction d'un processus somatique en une excitation psychique. Comme traduction, la pulsion est délà la façon dont le psychisme interprète les nécessités du corps.
Ainsi, dès l'Esquisse de psychologie scientifique de 1895, Freud décrit un mécanisme psychique répondant à un principe d'inertie consistant en l'évacuation d'une quantité d'énergie produite par des stimuli endogènes (faim, respiration, sexualité...). Ce processus primaire vise la satisfaction, c'est-à-dire la décharge de cette quantité d'énergie libre. Or, à ce premier processus répond un processus secondaire régit par un principe de constance consistant en une retenue de la spontanéité de l'énergie libre. La quantité d'énergie ainsi liée permet au psychisme de conserver une tension constante nécessaire à son fonctionnement. Dès lors, le psychisme est un système en équilibre ou plutôt un tension constante. Le psychique est une machine à draîner l'énergie.
Ainsi du rêve analysé par Freud dans la Traumdeutung et illustré par un dessin trouvé par Ferenczi dans un journal humoristique hongrois, dessin caractéristique, selon Freud des différentes couches symboliques du rêve. Les images 1 à 7 sont le rêve, l'image 8 signifiant le réveil de la nourrice. Le stimulus qui ici doit aboutir au réveil est la réponse à un besoin, celui de dormir en conflit avec la nécessité de répondre aux cris de l'enfant (Im. 1=faire une promenade: Im. 2=faire pipi) mais les différentes situations au fil des images (Im 3. à 7=flux d'urine qui devient rivière puis fleuve où néviguent une barque, une gondole, un voilier puis un paquebot) traduisent la façon dont le psychisme résiste à ce stimulus.L'accroissement de l'excitation est trancrit par l'accroissement symbolique du flux et des embarcations.



