Lectures philosophantes

Lectures philosophantes

jeudi 22 octobre 2009

Marche du 24/10/09

Pour des raisons indépendantes de ma volonté, je ne suis pas en mesure d'organiser la marche à portée philosophique prévue pour le samedi 24 octobre 2009. Celle-ci est déplacée au samedi 7 novembre 2009.

Ci-dessous une carte du lieu de rendez-vous. Précisions apportées dans un prochain billet.


Afficher UPE_Désir et plaisir sur une carte plus grande

mardi 20 octobre 2009

Séquences pour le cours du 20/10/09 - Désir et temps: désespérante attente.

Séquence "il est toujours trois heures!" extraite de Je t'aime, je t'aime d'A. Resnais (1968)


Temps insignifiant
Séquence extraite d'Elephant, G. Van Sant (2003)




Temps discontinu
Séquence du souvenir extraite de Je t'aime, je t'aime d'A. Resnais (1968)


dimanche 18 octobre 2009

Synopsis du cours du 15/10/09 - Introduction: désir en manque, désir en puissance 1/2

Puisque le désir est une expérience nécessairement malaisée (désir 1/4), puisque le désir comme manque est une expérience seconde du désir (2/4), il s'agit de montrer combien le désir est toujours en puissance de lui-même.

Et en effet,
  • comme action de désirer, le désir est aspiration ou tendance vers tel ou tel objet du désir. Ce faisant, le désir peut autant être d'ordre instinctif (principe indéterminé mais spontané) que constitutif (principe relatif à l'expérience désirante du sujet);
  • comme élan et conscience de cet élan vers un objet désiré, le désir peut autant être un besoin qu'un attrait;
Ce faisant, à l'éclatement de la notion répond la nécessité de penser le désir comme une expérience nécessairement malaisé (cf le cours sur le désir 1/4 de l'année universitaire 2007/2008). On pourra voir, qu'à ce malaise, correspond cependant une aspiration (Platon) commune qui à la fois fait et défait le malaise inhérent à toute expérience du désir.

On croit échapper à cette dissémination du désir en le rapportant au manque: désirer, c'est manquer; on ne désire que ce que l'on n'a pas ou ce que l'on n'est pas. Or, loin de résoudre l'écart entre le désir et lui-même, le manque en devient le moteur, dépossédant le sujet désirant de son désir. Mieux vaut être soumis à quelque chose que maître de rien de précis.
Ainsi aussi de l'objet du désir: il oblige le désir à se soumettre aux qualités propres à l'objet; tandis que l'objet se soumet à ma façon de qualifier ce qui m'est agréable ou non. L'objet du désir est une contradiction: il m'emmène loin de moi et ramène tout à moi. On pourra cependant voir qu'à ces contradictions répond une puissance (Spinoza) seule à même de me rendre libre au milieu de la nécessité, de me faire désirant au milieu de ces passions, de me rendre ma joie au milieu de cette tristesse.

Enfin, il conviendra de déterminer le rôle de la conscience dans l'expression du désir. Et en effet, le désir n'est-il que le seul acte de la volonté (auquel cas la conscience est ce qui détermine l'orientation du désir) ou le désir est-il l'expression d'une certaine idiosyncrasie (auquel cas il n'y a de désir que sous la forme d'une certaine prédisposition de la conscience par le corps) ? On pourra voir que le désir est moins affaire de liberté que de volonté de puissance (Nietzsche), c'est-à-dire qu'il est toujours l'expression d'une puissance propre au sujet désirant. Que je désire réellement telle chose ou que mon désir soit porté par un attrait qui m'échappe, je désire toujours en première personne.

Parce que le désir est une expérience nécessairement malaisé, parce que le désir en manque est un désir manqué, l'enjeu, pour tout sujet désirant, est de faire de son désir l'affirmation de quelque chose.

mercredi 14 octobre 2009

Questionnaire sur la puissance

Questionnaire sur le rôle de la puissance dans nos façons de penser.
A l'usage de ceux qui souhaitent évaluer la place de la puissance dans leur désir.

1/ Que recherche-t-on dans la beauté de son aimé(e) ?

2/ Qu'est-ce qui fait la puissance de son désir?

3/ Puis-je m'attrister de mes passions?

4/ Est-il égoïste de vouloir l'accroissement de son désir?

5/
La séduction est-elle une forme de générosité?

6/ N'y a-t-il aucune vertu au sadisme?

7/ Dépenser, est-ce se ruiner?

8/ Le désir peut-il produire quelque chose?

9/ Désirer est-il une folie?

10/ En quoi apprendre est-il un acte érotique?

11/ ...etc

Cinéma et philosophie - film 1

Séance à l'Odyssée ouverte à tous. Dialogue sur le thème du désir comme manque après le film.
Cours complémentaire le mardi 20 octobre à 20h, Cours St Louis, 9, quai Finkwiller à Strasbourg. Informations complémentaires et programme pour l'année 2009/2010


jeudi 1 octobre 2009

Le désir attrapé par la queue 3/4 - premier cours

Le premier cours de la IIIème partie de ce questionnement sur le désir aura lieu le jeudi 8 octobre 2009 à 20h, Cours St Louis, 9, quai Finkwiller à Strasbourg, salle 32.
Synopsis et inscription en suivant le lien.

Il consistera en une mise en bouche, histoire d'aiguiser le désir de penser.


samedi 19 septembre 2009

Préambule

En guise de mise en bouche au cours de philosophie le désir attrapé par la queue 3/4 (synopsis ici), une playlist sur le thème du baiser (lecture aléatoire des morceaux).

Découvrez la playlist Baiser avec Anne Queffélec


Baiser est un des ses termes de la langue érotique sur lequel pèse toute l'ambiguité du désir.
Baiser, est-ce chercher à accoler son désir à celui de l'autre ou assouvir le sien seul? Est-ce conjuguer la puissance de nos désirs ou satisfaire un manque, un besoin?
Baiser, est-ce cette délicate attention à l'autre ou cette brutal assouvissement des corps?
Que reste-t-il du désir lorsque celui-ci est soit une attention à l'autre soit un grossier usage du corps de l'autre? Désirer, est-ce se caresser ou s'échauffer?

dimanche 23 août 2009

Université Populaire Européenne - Cours de philosophie - Année 2009/2010






Cours de philosophie "le désir attrapé par la queue", 3ème partie
Jeudi soir, à 20h, Cours St louis, 9, quai Finkwiller à Strasbourg, Salle 32





Cours "Cinéma et philosophie"
: désir en manque, désir manqué.
5 projections tout au long de l'année au cinéma l'Odyssée, tarif réduit pour les membres de l'université populaire Européenne. (dates et programmation en suivant ce lien)
13 cours durant l'année pour conjuguer concepts de la philosophie et images du cinéma, le mardi soir, à 20h, Cours St Louis, 9, qui Finkwiller à Strasbourg.






Inscription auprès de l'Université Populaire Européenne en suivant ce lien ou en contactant son secrétariat au 0388.36.32.10

vendredi 21 août 2009

Cinéma et philosophie II: Désir en manque, désir manqué- programmation 2009/2010

Cinéma et philosophie -II: Désir en manque, désir manqué

avec l'aimable participation du Cinéma l'Odyssée

Conjuguant les concepts de la philosophie avec les images du cinéma, ce cours abordera les concepts d'in-complétude (Platon), de possession (Sartre), d'inquiétude (Leibniz) et de vouloir-vivre (Schopenhauer) à travers différents films. Où il apparaît qu'un concept peut éclairer un film et qu'un film peut éclairer un concept.

Séances ouvertes à tous, tarif réduit pour les adhérents à l'Université Populaire. Cours les 3 mardi suivant la projection, 20h, Cours St Louis, 9, quai Finkwiller, salle 32. Inscription préalable auprès du secrétariat de l'Université Populaire.

Samedi 17 octobre 2009 à 16h - Je t'aime, je t'aime, A. Resnais

Cours d'introduction le mardi 20 octobre

Samedi 14 novembre 2009, 16h - Belle de Jour, Bunuel

Cours les 3 mardi suivant la projection.

Samedi 16 janvier 2010, 16h - Anatomie de l'enfer, C. Breillat

Cours les 3 mardi suivant la projection.

Samedi 13 mars 2010, 16h - In the Mood for Love, W. Kar Wai

Cours les 3 mardi suivant la projection.

Samedi 15 mai 2010, 16h - De l'eau tiède sous un pont rouge, S. Imamura

Cours les 3 mardi suivant la projection

jeudi 20 août 2009

Cours de philosophie, Université Populaire Européenne, année 2009/2010

Man Ray, Le violon d'Ingres, 1924


Le désir attrapé par la queue 3/4



Puisque le manque est une passion malheureuse, qu'est-ce alors que désirer? Si dire à mon aimé(e) "tu m'as manqué(e)", c'est lui signifier notre attente, alors le désir n'est qu'un artifice car il n'est que la volonté de combler ses blancs et non désirer l'autre par et pour lui-même. Mais peut-on désirer quelqu'un sans qu'il me manque?
C'est à ce titre que nous aborderons cette fois-ci la notion du désir en interrogeant son lien avec la notion de puissance. Si manquer, c'est désirer paresseusement, qu'est-ce alors que désirer activement? Le désir doit donc faire la preuve de sa vitalité, c'est-à-dire de sa capacité à exprimer autre chose que ses besoins ou ses espoirs. Où il apparaîtra que désirer n'est pas manquer, mais être plein de joie...

Notions abordées: puissance, volonté de puissance, dépense, joie, agencement...mais aussi corps, jouissance, séduction, don...etc
Auteurs abordés: Platon, Spinoza, Nietzsche, Deleuze... mais aussi Bataille, Sade, Derrida, Kierkegaard...etc


Ce cours fait suite à ceux des années 2006/2007 et 2007/2008. Il n'est cependant pas indispensable d'avoir suivi les cours des années précédentes. Tout au plus est-il utile de consulter leurs synopsis sur le blog.

Le jeudi soir (à partir du 15 octobre) à 20h, Cours St Louis, 9, quai Finkwiller, Salle 32

Inscription sur le site de l'Université Populaire Européenne de Strasbourg ou via son secrétariat 0388.36.32.10

dimanche 16 août 2009

En travaux


Le blog subit actuellement un certain nombre de retouches, en particulier s'agissant des annexes. Retrouvez bientôt le programme des cours à l'Université populaire Européenne de Strasbourg pour l'année 2009/2010 ainsi que divers facéties philosophiques.

samedi 11 juillet 2009

Vacance


Ce blog, comme son auteur, se met en vacance durant quelques semaines le temps d'aérer sa pensée ou de faire prendre l'air à ses idées, c'est selon. Reprise du blog fin août- début septembre pour une nouvelle année universitaire.

Mais la vacance est un vide productif. Durant tout l'été, retrouvez l'auteur de ce blog sur Twitter pour des pastiches et postiches philosophiques. Suivez les turpitudes intellectuelles de Faust Sceptique, exercez votre perspicacité avec Les affreux -ismes, complétez à votre façon la Vie et opinions de Palton Polystyrène... et autres jeux de langage.

Un petit air de vacances accompagnera vos lectures...

Synopsis du cours du 25/06/09 - Conclusion: Eros sentimental

Le manque est la passion du désir, c'est-à-dire le désir pris affectivement dans les rets du manque. Manquer n'est pas désirer par soi, mais seulement désirer en tant que le désir est dicté par l'objet de notre désir et non par le sujet désirant lui-même.
Manquer, c'est désirer sans être soi. Aussi, lorsque je dis "tu me manques" à mon (ma) bien-aimée(e), j'affirme combien mon désir est commandé par l'absence de l'objet de mon désir sans être capable de dire ce qu'il en est en sa présence. C'est là "le sentiment de l'écurie" (Musil): on désire ce qui nous manque car on sait à quoi s'attendre sans se risquer à être pris dans l'aventure.
Dès lors, un certain type d'expérience du désir consiste à la fois à manquer de quelque chose ou de quelqu'un et à manquer son désir. Le manque est alors quelque chose du désir mais non le désir lui-même.

Le manque est la passion du désir en tant qu'il est la façon dont le sujet désirant est affecté en lui-même et se laisse porter par les élans qui le guident vers tel ou tel objet désirable; mais une telle expérience n'exprime en rien la puissance propre au sujet désirant lui-même. C'est là distinguer entre une expérience du désir qui ne serait que la réponse aux sollicitations du monde et une expérience du désir qui serait la confrontation du sujet désirant à cette puissance d'être soi.
La figure d'un Eros sentimental est la traduction de cette expérience malaisée du désir en tant qu'elle oscille entre manque et puissance et qu'elle fait du désir une épreuve où s'éprouve la capacité du sujet désirant à la fois à libérer son désir d'une aliénation au monde et à être maître de cette puissance de soi-même.

Synopsis du cours du 18/06/09 - La passion, Descartes

La passion est ce mouvement à travers le corps et l'âme qui fait que le corps touche l'âme et que l'âme est touchée par le corps. Aussi y a-t-il une utilité de la passion en tant qu'elle est le vecteur et le révélateur de la persistance d'un mouvement dans les choses. Ainsi de la peur qui m'indique un danger tout en me soumettant au choix de fuir ou de m'éduquer à la hardiesse.

Ce faisant, dans la Lettre à Chanut de février 1647, Descartes fait de l'amour une passion particulière: il y distingue un amour intellectuel ou raisonnable et un amour sensuel ou amour-passion. La tentation est grande d'y voir une opposition entre raison et passion; et cependant, il s'agit du même mécanisme selon qu'on le comprenne comme la jonction de l'âme et du corps ou comme leur séparation. L'amour intellectuel est ainsi la perception par notre âme d'un bien, présent ou absent, jugé convenable auquel se joint la volonté de s'unir à ce bien. Autrement dit, l'amour intellectuel est une pensée raisonnable en tant qu'elle est de l'ordre de la représentation de ce qui nous convient et de ce qui est possible. L'amour sensuel est a contrario une pensée confuse en tant qu'il est une émotion du corps qui demeure indéterminée: ainsi d'un coeur qui bat la chamade, il est pris d'une agitation du corps sans que l'âme ne soit éclairée sur la nature de ce qui l'agite.

Dès lors, l'amour est autant cette confusion en notre pensée causée par une agitation du corps que cet acte de la volonté capable de commander au corps de s'empresser d'embrasser le (la) bien-aimé(e). Tous les "je t'aime" ne se valent pas tant certains disent simplement "je suis ému(e)" tandis que d'autres disent "je te veux". Et ce faisant, l'amour est, ou une émotion, ou l'affirmation d'une pensée, ou les deux à la fois. Et c'est dans ce constant dialogue du corps et de l'âme que Descartes place toutes les velléités du désir.

Aussi le désir est-il à la fois affectivité et représentation: désirer, c'est être touché par quelque chose ou quelqu'un autant que se projeter vers ce qui est susceptible de nous toucher. Autrement dit encore, désirer, c'est espérer en l'avenir tant cette conjugaison de pensées et d'émotions consiste à prendre du plaisir à s'imaginer son bon plaisir.

mercredi 8 juillet 2009

Synopsis du cours du 11/06/09- La passion, Descartes

Le Traité des passions de l'âme de Descartes est une oeuvre singulière tant dans l'histoire de la notion de passion que dans la constitution de l'oeuvre cartésienne: à la fois oeuvre maîtresse quant à l'ancrage de la passion dans une union de l'âme et du corps, le Traité est aussi une oeuvre de circonstance commandée par les questions de sa brillante destinataire, la princesse Elizabeth. C'est pour soigner la fièvre lente de cette dernière que Descartes est poussé à augurer des moyens de parvenir à la maîtrise d'un certain contentement malgré l'infortune. Ainsi de la nonchalance comme forme de contemplation qui détourne l'attention de l'esprit en donnant moins de prise à la passion (cf. Lettre à la Princesse Elizabeth de juin 1645 ): ne penser à rien, laisser flotter son attention en regardant la verdeur d'un bois, la beauté d'une fleur...etc sont autant de moyens de ne pas laisser son âme être perturbée par les atermoiements du corps.

Ainsi toute la morale du Traité des passions consiste moins à vaincre les passions qu'à trouver le moyen de ne pas en souffrir, c'est-à-dire à les domestiquer. Et en effet, une passion est à l'image des réactions du corps à un objet extérieur (activité); aussi, une passion de l'âme est la façon dont l'âme est touchée par le corps et réagit à cette émotion (réactivité).

Ce faisant, la passion de l'âme est l'effet de l'union de l'âme et du corps en tant que corps et âme sont à la jonction l'un de l'autre. La passion est la façon dont le corps touche l'âme et la façon dont l'âme est touchée par le corps. Aussi, c'est d'une mécanique que Descartes nous entretient tout au long de son Traité - comment le corps agit sur l'âme et comment l'âme peut agir sur ses passions - autant que d'une dynamique qui fait toute l'affectivité du corps et de l'âme. La passion est à la fois le mouvement qui anime le couple âme-corps aue l'émotion qui submerge l'âme et l'entraîne. En quoi la passion est à la fois ce qui est nécessaire au désir et ce qui peut l'entraîner au-delà du nécessaire. On ne peut vivre sans passion de même que la passion peut aussi empêcher de vivre.

jeudi 2 juillet 2009

La carte et le paysage (marche philosophante)


Sortie du 4 juillet 2009 - activité physique/exercice spirituel: la carte et le paysage.

Marcher faut-il penser? La pensée a-t-elle besoin d'exercices? Au fur et à mesure des pas, au gré des chemins, c'est le rapport entre la pensée et la marche qu'il faudra interroger. Mais de la même façon que penser et marcher ne se font pas dans le vide, c'est le paysage qui nous entoure et nos façons de l'aborder que l'on pourra questionner: qu'est-ce qu'un paysage? Qu'est-ce que s'orienter dans un lieu, dans la pensée? Qu'est-ce qu'un territoire? Où il apparaîtra que l'homme est un être de culture, c'est-à-dire un être dénaturé.


Comme convenu avec les personnes inscrites à cette sortie, rendez-vous est donné devant le Palais Universitaire, place de l'Université, Strasbourg, à 9h précises. Départ vers Salm à 9h15 au plus tard. Rendez-vous sur place à l'étang du coucou vers 10h.


Il est utile de s'équiper de bonnes chaussures même si la marche ne présente pas de difficultés particulières; il est nécessaire de prévoir de quoi remplir son ventre et se protéger des intempéries. Retour prévu vers 18h mais susceptible de se prolonger plus tard selon les aléas du transport.

mardi 23 juin 2009

Synopsis du cours du 4/06/09- Descartes, les passions de l'âme - introduction, analyse sémantique.

Concept archaïque abandonné par la philosophie du fait de son imprécision, le terme "passion" est cependant une notion qui imprègne le langage courant. L'histoire d'un mot a ceci d'étrange que le concept peut être désuet sans que son usage ne disparaisse aussitôt et sans que la confusion que la notion véhicule ne soit immédiatement effacée devant une exigence de clarté.
Nous héritons ainsi de 4 figures de la passion: la figure mythologique, la figure démonologique, la figure pathologique et la figure techno-scientifique. La figure mythologique fait de la passion un caprice des dieux, c'est-à-dire un effet des jeux d'oppositions entre les dieux. Les expressions "être touché en plein coeur", "être tombés dans les filets de Vénus", "avoir un coup de foudre"... témoignent encore de cette idée que la passion est l'effet d'une puissance divine. La figure démonologique de la passion fait de celle-ci l'incarnation d'une puissance maléfique qui prend possession de nous-mêmes. "Avoir le diable au corps", connaîtee le démon de midi", "le diable m'emporte"... sont autant de traces de la passion comme oeuvre du démon. La figure physiologique redéfinit la passion comme un mécanisme corporelle d'influence sur le psychisme. Elle est l'action du corps sur l'âme. Nombreuses sont les expressions qui traduisent cette influence "être à bout de nerfs", "avoir les nerfs en pelote", "perdre son sang-froid", avoir un coup de sang", "avoir le sang chaud"...etc. Enfin, la figure psychiatrique de la passion fait de celle-ci l'effet d'une pulsion. Dès lors, la passion est un processus inhérent au fonctionnement du psychisme qui peut cependant aboutir à un résultat pathologique. La passion est un état qui n'est jamais très loin de la folie. Les expression "être fou de joie, d'amour, de tristesse", "aimer à la folie", "perdre la tête", "être malade d'amour, de jalousie"... sont autant d'expressions qui traduisent encore aujourd'hui cette proximité entre passion et folie.

Ce faisant, la passion désigne un état affectif qui peut devenir un état contrariant. En un premier sens, la passion est un état émotionnel qui fait tendre vers..., une tendance à ...; en un second sens, elle est un affect dominant le sujet désirant au point de le contraindre à agir. C'est là toute la dimension érotique de la passion en tant que le sujet désirant est engagé totalement ou partiellement dans le mouvement qui le fait tendre vers l'objet de ses désirs. " Il n'y a pas d'amour sans passion" veut ainsi autant dire qu'il ne peut y avoir d'amour sans être touché par ce que l'on désire comme qu'il n'y a pas de véritable amour si le désir n'est pas un emportement sans limite.
Aussi, la passion est-elle comme le désir cette tendance motice à faire converger les affects et les volontés vers quelque chose ou quelqu'un. Tout deux sont l'ardeur supposé à désirer une chose comme objet de la passion. L'expression "je t'aime passionnément" exprime ce supplément d'ardeur censé donner toute sa valeur à l'amouret marquant cette association ambigue entre une intensité et une tendance, c'est-à-dire entre une différence et une répétition.
Dans toute son ambiguité, la passion est ce supplément d'âme qui nous donne l'espoir d'échapper à l'ennui mais qui nous y plonge profondément.

lundi 15 juin 2009

Textes pour le cours du 18/06/09 - Descartes, les passions

Extrait de la Lettre à Chanut du 1er février 1647










Ce texte sera mis en relation avec certains articles de Traité des passions traitant des passions de l'admiration et du désir.

vendredi 12 juin 2009

Cinéma et philosophie - le vouloir-vivre

Le vouloir-vivre, concept schopenhauerien, peut être illustré à l'aide des film suivant:

De l'eau tiède sous un pont rouge, S. Imamura
Plus d'infos sur ce film


Tout sur ma mère, P. Almodovar
Plus d'infos sur ce film


Voyage au bout de l'enfer, M. Cimino