Lectures philosophantes
vendredi 5 mars 2010
mercredi 3 mars 2010
Textes pour le cours du 4/03/10 - Spinoza, Ethique III - L'humilité et le repentir ou comment dépasser nos faiblesses?

Le cours prenant la forme d'un atelier de lecture du livre III de l'Ethique de Spinoza, il est demandé aux auditeurs et auditrices de prendre connaissance au préalable des textes suivants et de proposer une lecture de ces textes. Toute intervention est la bienvenue. On procèdera à une analyse plus précise du texte après discussion.
La séance portera sur l'humilité et le repentir (définition 26 et 27 dans la Définition des affects, dernière partie de l'Ethique III)
lundi 22 février 2010
Textes pour le cours du 25/02/10 - L'émulation
Le cours prenant la forme d'un atelier de lecture du livre III de l'Ethique de Spinoza, il est demandé aux auditeurs et auditrices de prendre connaissance au préalable des textes suivants et de proposer une lecture de ces textes. Toute intervention est la bienvenue. On procèdera à une analyse plus précise du texte après discussion.
La séance portera sur l'émulation (définition 33 dans la Définition des affects, dernière partie de l'Ethique III)

On peut se rapporter, comme l'indique Spinoza, à la proposition 27 et son scolie ainsi qu'à la proposition 32 et son scolie.
On peut par ailleurs comparer la définition de l'émulation avec celle de l'admiration (défintion 4 dans la Définition des affects, dernière partie de l'Ethique III)
La séance portera sur l'émulation (définition 33 dans la Définition des affects, dernière partie de l'Ethique III)

On peut se rapporter, comme l'indique Spinoza, à la proposition 27 et son scolie ainsi qu'à la proposition 32 et son scolie.
On peut par ailleurs comparer la définition de l'émulation avec celle de l'admiration (défintion 4 dans la Définition des affects, dernière partie de l'Ethique III)
Synopsis du cours du 21/01/10 - Buster Keaton ou la puissance de la joie.

(Texte à corriger)
Le désir est, chez Spinoza, ce qui nous dispose au monde, c'est-à-dire être inscrit dans le réel comme une certaine façon d'être, une certaine façon d'être affecté par les choses ou idées de ces choses et une façon déterminée d'agir ou de pâtir du fait de ces affections. Ce faisant, si désirer, c'est être disposer d'une certaine façon à quelque chose, le désir est alors une puissance ambiguë en tant que cette disposition peut être autant l'effet d'une certaine puissance d'agir ou d'une certaine puissance de pâtir. Le désir est une disposition affective, et parfois réflexive, qui fait d'un mode de vie parfois aussi un mode de penser.
Le désir est, chez Spinoza, ce qui nous dispose au monde, c'est-à-dire être inscrit dans le réel comme une certaine façon d'être, une certaine façon d'être affecté par les choses ou idées de ces choses et une façon déterminée d'agir ou de pâtir du fait de ces affections. Ce faisant, si désirer, c'est être disposer d'une certaine façon à quelque chose, le désir est alors une puissance ambiguë en tant que cette disposition peut être autant l'effet d'une certaine puissance d'agir ou d'une certaine puissance de pâtir. Le désir est une disposition affective, et parfois réflexive, qui fait d'un mode de vie parfois aussi un mode de penser.
Ce faisant, cette capacité à se disposer au désir est ce que Spinoza appelle la joie ou augmentation de la puissance d'agir, la seule faculté d'être disposé au désir est, à l'inverse, la tristesse ou diminution de la puissance d'agir. Parce que la joie est une puissance propre à soi qui traduit notre rapport au monde, elle est un mode d'être, une façon de se rapporter au réel. Elle est un présent immédiat, celui d'une concomitance à soi en tant que sa manière d'être sonne juste avec ce que rend possible le réel. La joie comme la tristesse sont et demeurent une capacité à des degrés effectifs divers de composer plus ou moins adéquatement avec le réel.
Il en va ainsi de Malec l'insaisissable alias Buster Keaton dans la séquence extraite de The Goat (1927) ci-dessous en tant que joie et tristesse sont des affects liées aux différents degrés de notre puissance d'agir. La tristesse ou la joie de Malec se traduisent par sa difficulté ou son agilité à composer avec le réel.
(séquence)
Ce faisant, les hommes sont le plus souvent confrontés, dans leurs désirs, à une situation où ils sont affectés par quelque chose dont ils prennent connaissance a posteriori. Autrement dit, ils sont d'abord affectés par les choses et de ces affections se font un certaine idée. L'imagination, si ce n'est la conscience, prend ainsi acte des choses qui affirment leur existence et par les images ou les idées que l'homme se fait des choses, celui-ci affirment ou nient à son tour la puissance qu'il est. Désirer, c'est être touché par quelque chose ou quelqu'un et comprendre ce qui me touche, ce qui me met en joie ou m'attriste.
Ainsi de Buster Keaton dans la séquence suivante extraite de The Goat où Malec est confronté à sa propre image confondue avec celle de Dan la Gachette, il n'a de cesse de passer par différents états selon qu'il comprend ou ne comprend pas la lien entre image et réalité dans la méprise qui fait le sel de la séquence.
(séquence)
Dès lors, il faut répéter combien chez Spinoza, l'homme est toujours d'abord un être en situation. On est d'abord affecté, on réfléchit ensuite à la façon dont on est affecté et ce n'est qu'au titre d'une certaine façon de vivre que nous anticipons sur ce qui peut nous procurer de la joie ou de la tristesse. Aussi, désirer est-il faire ce que l'on peut avec le réel en tant que nous sommes une puissance d'agir dont les degrés disent notre capacité plus ou moins grande à désirer, c'est-à-dire à composer avec le réel.
Il en va ainsi de Malec l'insaisissable alias Buster Keaton dans la séquence extraite de The Goat (1927) ci-dessous en tant que joie et tristesse sont des affects liées aux différents degrés de notre puissance d'agir. La tristesse ou la joie de Malec se traduisent par sa difficulté ou son agilité à composer avec le réel.
(séquence)
Ce faisant, les hommes sont le plus souvent confrontés, dans leurs désirs, à une situation où ils sont affectés par quelque chose dont ils prennent connaissance a posteriori. Autrement dit, ils sont d'abord affectés par les choses et de ces affections se font un certaine idée. L'imagination, si ce n'est la conscience, prend ainsi acte des choses qui affirment leur existence et par les images ou les idées que l'homme se fait des choses, celui-ci affirment ou nient à son tour la puissance qu'il est. Désirer, c'est être touché par quelque chose ou quelqu'un et comprendre ce qui me touche, ce qui me met en joie ou m'attriste.
Ainsi de Buster Keaton dans la séquence suivante extraite de The Goat où Malec est confronté à sa propre image confondue avec celle de Dan la Gachette, il n'a de cesse de passer par différents états selon qu'il comprend ou ne comprend pas la lien entre image et réalité dans la méprise qui fait le sel de la séquence.
(séquence)
Dès lors, il faut répéter combien chez Spinoza, l'homme est toujours d'abord un être en situation. On est d'abord affecté, on réfléchit ensuite à la façon dont on est affecté et ce n'est qu'au titre d'une certaine façon de vivre que nous anticipons sur ce qui peut nous procurer de la joie ou de la tristesse. Aussi, désirer est-il faire ce que l'on peut avec le réel en tant que nous sommes une puissance d'agir dont les degrés disent notre capacité plus ou moins grande à désirer, c'est-à-dire à composer avec le réel.
dimanche 21 février 2010
Synopsis du cours du 14/01/10 - Spinoza ou la puissance de désirer
Fragonard, Le verrou, 1778Textes
Contrairement à une idée reçue, la devise de Spinoza, "Caute" (Sois prudent!), n'invite pas à la précaution, voire à la défiance, mais à un certain art de vivre. Car ici la prudence est moins la crainte de ce qui peut arriver que l'attention portée à ce que le réel rend possible. Aussi faut-il se faire stratège afin de révéler la véritable puissance de notre rapport au réel.
Puisqu'il ne saurait être question pour Spinoza de nous laisser croire que notre libre-arbitre a une quelconque emprise sur le réel, il nous invite à une juste connaissance de ce qui gouverne le réel pour prétendre se faire l'interprète de notre nature et de la façon dont elle est elle-même en prise avec le réel. Aussi, puisque le sujet désirant n'est jamais vraiment l'auteur de ses actes, il doit se faire interprète de sa partition, c'est-à-dire aspirer à un certain art de vivre qui lui permette de composer avec le réel.
Ce faisant, en matière de désir, l'enjeu reste et demeure la puissance de désirer, c'est-à-dire la capacité à agir ou pâtir dans notre façon singulière de nous rapporter au réel. Aussi, lorsque Spinoza affirme que le désir est l'essence de l'homme (Ethique III, Définition des affects), c'est en tant que le désir est la manière d'être de l'homme dans son rapport au réel, c'est en tant que l'homme est dans un rapport de composition avec le réel. L'homme est une puissance, c'est-à-dire un certain rapport au réel qui s'exprime en terme de capacité à agir sur le réel ou à pâtir de son influence.
Dès lors, l'homme est toujours en puissance de désirer, c'est-à-dire d'affecter ou d'être affecté dans sa relation au réel. Le désir est l'expression d'une façon d'être qui a toujours un coût, qui nécessité une dépense en tant que dans la relation au réel, le sujet désirant doit composer avec le réel, c'est-à-dire d'être capable d'y produire des effets ou seulement d'en subir les causes qui le déterminent.
La devise spinoziste ("Sois prudent!") peut s'entendre alors comme une invitation à un art de la composition avec le réel. Désirer avec justesse, c'est savoir se jouer des causes pour produire autant que possible les effets qui nous comblent; à défaut, on peut ignorer que nous sommes le jouet d'une causalité qui nous déterminent. Il faut donc à apprendre à être le stratège de sa propre vie.
Ainsi du verrou de Fragonard. On a tôt fait de l'interpréter comme la tentative honteuse d'un séducteur de piétiner l'honneur d'une demoiselle. Mais à mieux lire le tableau, ses plis, son mobilier érotisé et son lit défait, on peut aussi croire que, loin d'être la scène d'une certaine violence du désir, ce tableau est le récit de la façon dont deux êtres composent avec les us et coutumes du désir pour se construire un scène intime où s'exprimera leurs êtres. Le verrou n'est pas ici le symbole de la violence du désir, mais le signe de la construction de son intimité, c'est-à-dire de ce rapport singulier qui se tissent entre les deux protagonistes du tableau.
Puisqu'il ne saurait être question pour Spinoza de nous laisser croire que notre libre-arbitre a une quelconque emprise sur le réel, il nous invite à une juste connaissance de ce qui gouverne le réel pour prétendre se faire l'interprète de notre nature et de la façon dont elle est elle-même en prise avec le réel. Aussi, puisque le sujet désirant n'est jamais vraiment l'auteur de ses actes, il doit se faire interprète de sa partition, c'est-à-dire aspirer à un certain art de vivre qui lui permette de composer avec le réel.
Ce faisant, en matière de désir, l'enjeu reste et demeure la puissance de désirer, c'est-à-dire la capacité à agir ou pâtir dans notre façon singulière de nous rapporter au réel. Aussi, lorsque Spinoza affirme que le désir est l'essence de l'homme (Ethique III, Définition des affects), c'est en tant que le désir est la manière d'être de l'homme dans son rapport au réel, c'est en tant que l'homme est dans un rapport de composition avec le réel. L'homme est une puissance, c'est-à-dire un certain rapport au réel qui s'exprime en terme de capacité à agir sur le réel ou à pâtir de son influence.
Dès lors, l'homme est toujours en puissance de désirer, c'est-à-dire d'affecter ou d'être affecté dans sa relation au réel. Le désir est l'expression d'une façon d'être qui a toujours un coût, qui nécessité une dépense en tant que dans la relation au réel, le sujet désirant doit composer avec le réel, c'est-à-dire d'être capable d'y produire des effets ou seulement d'en subir les causes qui le déterminent.
La devise spinoziste ("Sois prudent!") peut s'entendre alors comme une invitation à un art de la composition avec le réel. Désirer avec justesse, c'est savoir se jouer des causes pour produire autant que possible les effets qui nous comblent; à défaut, on peut ignorer que nous sommes le jouet d'une causalité qui nous déterminent. Il faut donc à apprendre à être le stratège de sa propre vie.
Ainsi du verrou de Fragonard. On a tôt fait de l'interpréter comme la tentative honteuse d'un séducteur de piétiner l'honneur d'une demoiselle. Mais à mieux lire le tableau, ses plis, son mobilier érotisé et son lit défait, on peut aussi croire que, loin d'être la scène d'une certaine violence du désir, ce tableau est le récit de la façon dont deux êtres composent avec les us et coutumes du désir pour se construire un scène intime où s'exprimera leurs êtres. Le verrou n'est pas ici le symbole de la violence du désir, mais le signe de la construction de son intimité, c'est-à-dire de ce rapport singulier qui se tissent entre les deux protagonistes du tableau.
dimanche 31 janvier 2010
Textes pour le cours du 4/02/10 - Spinoza, Ethique III: Le regret ou la temporalité du désir
Comme convenu, le cours se transforme durant quelques semaines en atelier de lecture du livre III de l'Ethique de Spinoza. Il est donc demandé aux auditeurs et auditrices de prendre connaissance au préalable des textes suivants et de proposer une lecture de ces textes. Toute intervention est la bienvenue: impression (j'ai le sentiment que ce texte...), allusion ou image (ça m'a fait penser à ...) questionnement (mais est-ce que ce texte n'est pas...?), interprétation (je pense que le texte veut dire...) ...etc. On procèdera à une analyse plus précise du texte après discussion.
La séance portera sur la définition du regret (déf° 32 de la dernière partie d'Ethique III)

Un renvoi est nécessaire d'une part au scolie de la proposition 47 et à la proposition 18 et ses scolies.


La séance portera sur la définition du regret (déf° 32 de la dernière partie d'Ethique III)

Un renvoi est nécessaire d'une part au scolie de la proposition 47 et à la proposition 18 et ses scolies.


jeudi 21 janvier 2010
dimanche 17 janvier 2010
Cinéma et philosophie - séquences d'Anatomie de l'enfer, C. Breillat.
Pour des questions d'obscénité, notion ô combien relative et arbitraire, il n'est pas possible de publier un bon nombre des séquences d'Anatomie de l'enfer de C. Breillat utiles pour la séance du 19/01/10.
La séance portera sur la séquence de l'oisillon, sur celle du jeux du docteur et sur une partie de la première nuit.
On pourra consulter les billets sur la transgression chez Bataille:
Bataille ou le désir de la transgression
Texte sur l'érotisme et la fascination de la mort
Erotisme des corps, érotisme des coeurs
Bibliographie
Esthétique de l'obscène (images)
La jouissance dans l'interdit
La séance portera sur la séquence de l'oisillon, sur celle du jeux du docteur et sur une partie de la première nuit.
On pourra consulter les billets sur la transgression chez Bataille:
Bataille ou le désir de la transgression
Texte sur l'érotisme et la fascination de la mort
Erotisme des corps, érotisme des coeurs
Bibliographie
Esthétique de l'obscène (images)
La jouissance dans l'interdit
lundi 11 janvier 2010
dimanche 10 janvier 2010
Synopsis du cours du 7/01/10 - Abords de l'Ethique de Spinoza: affects et affection
L'apport d'un auteur tient parfois en peu de choses. En déplacant le vocabulaire désignant les mouvements affectifs de l'homme d'emotio ou de passio à affectus, Spinoza fait de la vie affectifve le lieu d'une variation infinie ignorée des hommes. Car les affects sont autant de manières d'êtres diverses et variées suivant des régimes de vies différents. Ainsi de l'attachement au désir en passant par l'amour, la bienveillance ou l'imitation, le même désir se comprend comme autant de manières d'êtres qui dépendent de la connaissance de soi et de la juste compréhension de la réalité de son désir.
Ainsi, (Ethique III, déf°1) l'expérience affective réclame une juste connaissance de ce qui détermine son désir. Puisqu'il n'y a pas de désir retiré du monde ou hors du monde, c'est par et dans le monde que le désir se déploie et par la connaissance de cette adéquation ou inadéquation du désir et du monde qu'un sujet peut se dire désirant. L'adéquation ou l'inadéquation de la connaissance que l'on a de la cause de son désir fait la clarté ou la confusion de nos façons de désirer. En ce sens, on ne désire jamais que maladroitement, c'est-à-dire par et grâce à une connaissance malaisée de ce qu'est désirer. Ainsi du discours du fumeur qui oscille entre conscience d'une certaine dépendance à la cigarette et une revendication d'un plaisir libre de fumer, quelle est la part de vérité et la part d'illusion pour celui qui se sait dépendant mais se croit libre?
Ce faisant, la vie affective est (Ethique III, déf°2) ou active ou passive, c'est-à-dire est le fait de modes d'êtres qui découlent d'une connaissance ou précise ou imprécise de la réalité de notre désir. Si le désir est affection, c'est-à-dire manières dont nous sommes affectés par quelque chose ou quelqu'un, alors seule la connaissance ou l'ignorance de la réalité de notre désir fait de nous les acteurs ou les spectateurs de notre vie affective. Aussi n'y a-t-il de sujet désirant que lorsque une juste connaissance de la réalité de son désir permet une variation par soi-même ou par quelque chose d'extérieur à soi-même de ce qui fait notre désir. Le désir n'est jamais une chose, toujours une variation sur les choses et le sujet désirant un élément sur cette partition qu'est la réalité du désir.
Dès lors, la vie affective (Ethique III, déf° 3) est variation de notre puissance d'agir selon le degré de contrariété et de connaissance qu'impose la réalisation du désir. Le désir est ce qui nous fait agir ou nous agitent selon que le désir nous rend acteur ou spectateur de notre propre vie affective. Aussi, c'est autant la puissance d'agir de mon corps que les idées de mon esprit qui font la réalité de mon désir. Et je ne cesse de m'égarer lorsque j'ignore que mon désir est nécessairement inscrit dans une réalité qui dispose et indispose ce même désir.
Ainsi, le désir est affect et affections, c'est-à-dire mouvement de l'être par soi-même ou par une cause extérieure à soi-même, où seule la connaissance adéquate de la réalité de mon désir me permet de prétendre faire de moi l'acteur (mais non l'auteur) de ma vie affective. Le désir est une puissance de désirer, c'est-à-dire une capacité qui exprime en fait plus qu'en droit la possibilité pour un sujet désirant de faire varier ses états affectifs par une juste connaissance de soi. Désirer, c'est s'émouvoir de nos rencontres, c'est-à-dire être sensible à ce qui, dans nos états, est de nous ou hors de nous, est bon ou mauvais, est connaissance ou illusion. Dès lors, désirer, c'est être pris dans un mouvement dont nous avons ou non la connaissance claire et distincte. Désirer est toujours un mouvement de l'être, mais qui ne peut que nous rendre triste lorsqu'on se méprend sur sa véritable nature.
On ne désire bien que lorsqu'on se connait bien car seule la connaissance fait de nos rencontres autre chose que le fruit d'un heureux hasard.
Ainsi, (Ethique III, déf°1) l'expérience affective réclame une juste connaissance de ce qui détermine son désir. Puisqu'il n'y a pas de désir retiré du monde ou hors du monde, c'est par et dans le monde que le désir se déploie et par la connaissance de cette adéquation ou inadéquation du désir et du monde qu'un sujet peut se dire désirant. L'adéquation ou l'inadéquation de la connaissance que l'on a de la cause de son désir fait la clarté ou la confusion de nos façons de désirer. En ce sens, on ne désire jamais que maladroitement, c'est-à-dire par et grâce à une connaissance malaisée de ce qu'est désirer. Ainsi du discours du fumeur qui oscille entre conscience d'une certaine dépendance à la cigarette et une revendication d'un plaisir libre de fumer, quelle est la part de vérité et la part d'illusion pour celui qui se sait dépendant mais se croit libre?
Ce faisant, la vie affective est (Ethique III, déf°2) ou active ou passive, c'est-à-dire est le fait de modes d'êtres qui découlent d'une connaissance ou précise ou imprécise de la réalité de notre désir. Si le désir est affection, c'est-à-dire manières dont nous sommes affectés par quelque chose ou quelqu'un, alors seule la connaissance ou l'ignorance de la réalité de notre désir fait de nous les acteurs ou les spectateurs de notre vie affective. Aussi n'y a-t-il de sujet désirant que lorsque une juste connaissance de la réalité de son désir permet une variation par soi-même ou par quelque chose d'extérieur à soi-même de ce qui fait notre désir. Le désir n'est jamais une chose, toujours une variation sur les choses et le sujet désirant un élément sur cette partition qu'est la réalité du désir.
Dès lors, la vie affective (Ethique III, déf° 3) est variation de notre puissance d'agir selon le degré de contrariété et de connaissance qu'impose la réalisation du désir. Le désir est ce qui nous fait agir ou nous agitent selon que le désir nous rend acteur ou spectateur de notre propre vie affective. Aussi, c'est autant la puissance d'agir de mon corps que les idées de mon esprit qui font la réalité de mon désir. Et je ne cesse de m'égarer lorsque j'ignore que mon désir est nécessairement inscrit dans une réalité qui dispose et indispose ce même désir.

Ainsi, le désir est affect et affections, c'est-à-dire mouvement de l'être par soi-même ou par une cause extérieure à soi-même, où seule la connaissance adéquate de la réalité de mon désir me permet de prétendre faire de moi l'acteur (mais non l'auteur) de ma vie affective. Le désir est une puissance de désirer, c'est-à-dire une capacité qui exprime en fait plus qu'en droit la possibilité pour un sujet désirant de faire varier ses états affectifs par une juste connaissance de soi. Désirer, c'est s'émouvoir de nos rencontres, c'est-à-dire être sensible à ce qui, dans nos états, est de nous ou hors de nous, est bon ou mauvais, est connaissance ou illusion. Dès lors, désirer, c'est être pris dans un mouvement dont nous avons ou non la connaissance claire et distincte. Désirer est toujours un mouvement de l'être, mais qui ne peut que nous rendre triste lorsqu'on se méprend sur sa véritable nature.
On ne désire bien que lorsqu'on se connait bien car seule la connaissance fait de nos rencontres autre chose que le fruit d'un heureux hasard.
mercredi 6 janvier 2010
Textes pour le cours du 7/01/10
mardi 22 décembre 2009
mercredi 16 décembre 2009
Bibliographie - Platon, Eros entremetteur
Sur Platon en général et le Banquet en particulier:
L. Robin, La théorie platonicienne de l'amour, éd° PUF, 1964 (épuisé)
Commentaire classique de l'érotisme platonicien qui met en lien autant le Banquet que le Phèdre ou le Lysis.
D.M Halperin, Amour et ironie, six remarques sur l'eros platonicien, éd° Cahiers de l'Unébévue, 2005.
Lecture brillante du Banquet qui met le texte en perspective de façon originale et pertinente.
M. Dixsaut, Le naturel philosophe, éd° Vrin.
Une introduction très entraînante à l'ensemble de la philosophie de Platon, introduction centrée sur l'idée de philosophie.
Sur l'amour platonique et la beauté d'Eros:
A. Bloom, Amour et amitié, éd° Livre de Poche.
Ouvrage posthume du philosophe américain qui tente de nous rééduquer érotiquement par la fréquentation des grands auteurs.
H.C. Desroches, P. Claudel, poète de l'amour, Cerf, 1949.
Synthèse remarquable de l'oeuvre de Claudel en autant de variations sur le thème du désir.
M. Larroque, Esquisse d'une philosophie de l'amour, éd° L'Harmattan.
Bon "mauvais livre" qui développe l'idée d'une source métaphysique du désir. On regrettera que la thèse d'une dimension sacramentelle du désir soit l'effet d'un contre sens sur la lecture du discours de Diotime dans le Banquet de Platon.
D. de Rougemont, L'amour et l'occident, éd° 10/18, 1972.
Un classique sur l'érotique des troubadours et la filiation avec l'amour platonique.
I. Nievo, Anti-aphrodisiaque pour un amour platonique, éd° Ombres.
Une odyssée rageuse par un poète-soldat pressé de vivre et d'écrire.
L. Robin, La théorie platonicienne de l'amour, éd° PUF, 1964 (épuisé)
Commentaire classique de l'érotisme platonicien qui met en lien autant le Banquet que le Phèdre ou le Lysis.
D.M Halperin, Amour et ironie, six remarques sur l'eros platonicien, éd° Cahiers de l'Unébévue, 2005.
Lecture brillante du Banquet qui met le texte en perspective de façon originale et pertinente.
M. Dixsaut, Le naturel philosophe, éd° Vrin.
Une introduction très entraînante à l'ensemble de la philosophie de Platon, introduction centrée sur l'idée de philosophie.
Sur l'amour platonique et la beauté d'Eros:
A. Bloom, Amour et amitié, éd° Livre de Poche.
Ouvrage posthume du philosophe américain qui tente de nous rééduquer érotiquement par la fréquentation des grands auteurs.
H.C. Desroches, P. Claudel, poète de l'amour, Cerf, 1949.
Synthèse remarquable de l'oeuvre de Claudel en autant de variations sur le thème du désir.
M. Larroque, Esquisse d'une philosophie de l'amour, éd° L'Harmattan.
Bon "mauvais livre" qui développe l'idée d'une source métaphysique du désir. On regrettera que la thèse d'une dimension sacramentelle du désir soit l'effet d'un contre sens sur la lecture du discours de Diotime dans le Banquet de Platon.
D. de Rougemont, L'amour et l'occident, éd° 10/18, 1972.
Un classique sur l'érotique des troubadours et la filiation avec l'amour platonique.
I. Nievo, Anti-aphrodisiaque pour un amour platonique, éd° Ombres.
Une odyssée rageuse par un poète-soldat pressé de vivre et d'écrire.
mardi 15 décembre 2009
Synopsis du cours du 3/12/09 - La beauté d'Eros
Eros a de nos jours quelque peu perdu de sa superbe. Cette puissance que Platon considérait encore comme l'expérience la plus haute qu'un homme puisse vivre, cette dynamique nous poussant à vouloir posséder le bien et à engendrer dans la beauté fait aujourd'hui pâle figure: quelque chose de ce qui lie 2 êtres s'est défait lorsqu'Eros a perdu sa malice et son ingéniosité, quelque chose de ce qui anime 2 êtres s'est perdue lorsque la possession du bien n'eut plus rien de désirable et qu'enfanter relevait plus de la gestion de la natalité que d'un quelconque érotisme.

C'est qu'Eros n'est presque plus rien pour nous et sa beauté nous est invisible.
Car en effet, le nom d'Eros comme le mot désir ne servent plus à dire l'expérience la plus enrichissante que puisse vivre un être. Comme le souligne Allan Bloom dans son ouvrage posthume l'amour et l'amitié, nous sommes des solitaires associés qui font de l'engagement l'expression d'une liberté individuelle qui peut à tout moment reprendre ses droits. Par ailleurs, l'âge adulte du désir est celui des désillusions sur la beauté possible du désir: on se contente d'une relation aimante lorsque le désir n'est plus la promesse d'une quelconque beauté. Enfin, de la vision statistique du comportement sexuel (Kinsey) à la tendance à réduire le travail du désir aux seules sollicitations de la pulsion sexuelle (Freud), le désir n'est plus qu'un problème comportemental dont on norme les alentours. Le désir n'est plus qu'une catégorisation du sexuel et non l'expression d'une puissance.
Parce que nous ne savons plus dire Eros et donc plus le vivre, Allan Bloom en appelle dès lors a une éducation du désir par la fréquentation des grands auteurs (Platon, Shakespeare, Rousseau, Stendhal...) afin d'entrevoir une part de cette beauté perdue d'Eros.
Mais, si la beauté d'Eros nous échappe, c'est aussi parce que le beau n'est plus pour nous qu'une catégorie esthétique particulière. Là où pour Platon comme pour la Grèce antique en général, le beau (kalos) et le bon (agathos) étaient parents, la beauté n'est pour nous plus que la qualité obligée de ce qui est désirable. Là où pour Platon, la beauté est cette ascension du désir en possession de la pleine puissance de ses moyens, la beauté n'est désormais pour nous que cette qualité éminente qui se manifeste chez quelques bienheureux.
Dès lors, comme degré d'une puissance qui définit l'entre-deux qui anime 2 êtres, le désir est au mieux de nos jours une relation, c'est-à-dire une proximité plus ou moins concomittante entre 2 individus. Comme dynamique toujours en branle qui sans cesse rejoue ce qui est en jeu entre deux êtres, le désir n'est plus qu'un rapport plus ou moins contractualisé, plus ou moins adéquat aux aspirations de chacun pris individuellement. Comme possession du beau et du bien, l'expression du désir ne semble plus en mesure de nous porter vers la beauté, tout au plus vers un certain goût pour l'agrément. Comme désir d'immortalité par la beauté, le désir n'engendre plus par excès, mais par demande ou nécessité. Enfin, comme ascension des beautés sensibles à la Beauté intelligible, le désir ne semble plus nous permettre de nous élever, tout au plus de nous divertir.
Nul nostalgie ne rendra à Eros sa superbe; seulement la conscience qu'il n'y a de désir que si quelque chose entre deux êtres est en jeu, c'est-à-dire est l'expression d'une puissance qui sans cesse lie ces 2 êtres tout en se jouant d'eux. Intimité est sans doute un des noms de cette beauté perdue d'Eros tant nous ne semblons plus conscient que le désir est ce qui creuse entre 2 êtres le lieu de leur jouissance comme de leur tourment, le lien qui fait le bonheur et parfois le malheur d'être ensemble.
Les images sont de la photographe néerlandaise Marrie Bot dans son travail intitulé Timeless Love (2004)
Car en effet, le nom d'Eros comme le mot désir ne servent plus à dire l'expérience la plus enrichissante que puisse vivre un être. Comme le souligne Allan Bloom dans son ouvrage posthume l'amour et l'amitié, nous sommes des solitaires associés qui font de l'engagement l'expression d'une liberté individuelle qui peut à tout moment reprendre ses droits. Par ailleurs, l'âge adulte du désir est celui des désillusions sur la beauté possible du désir: on se contente d'une relation aimante lorsque le désir n'est plus la promesse d'une quelconque beauté. Enfin, de la vision statistique du comportement sexuel (Kinsey) à la tendance à réduire le travail du désir aux seules sollicitations de la pulsion sexuelle (Freud), le désir n'est plus qu'un problème comportemental dont on norme les alentours. Le désir n'est plus qu'une catégorisation du sexuel et non l'expression d'une puissance.
Parce que nous ne savons plus dire Eros et donc plus le vivre, Allan Bloom en appelle dès lors a une éducation du désir par la fréquentation des grands auteurs (Platon, Shakespeare, Rousseau, Stendhal...) afin d'entrevoir une part de cette beauté perdue d'Eros.

Mais, si la beauté d'Eros nous échappe, c'est aussi parce que le beau n'est plus pour nous qu'une catégorie esthétique particulière. Là où pour Platon comme pour la Grèce antique en général, le beau (kalos) et le bon (agathos) étaient parents, la beauté n'est pour nous plus que la qualité obligée de ce qui est désirable. Là où pour Platon, la beauté est cette ascension du désir en possession de la pleine puissance de ses moyens, la beauté n'est désormais pour nous que cette qualité éminente qui se manifeste chez quelques bienheureux.

Dès lors, comme degré d'une puissance qui définit l'entre-deux qui anime 2 êtres, le désir est au mieux de nos jours une relation, c'est-à-dire une proximité plus ou moins concomittante entre 2 individus. Comme dynamique toujours en branle qui sans cesse rejoue ce qui est en jeu entre deux êtres, le désir n'est plus qu'un rapport plus ou moins contractualisé, plus ou moins adéquat aux aspirations de chacun pris individuellement. Comme possession du beau et du bien, l'expression du désir ne semble plus en mesure de nous porter vers la beauté, tout au plus vers un certain goût pour l'agrément. Comme désir d'immortalité par la beauté, le désir n'engendre plus par excès, mais par demande ou nécessité. Enfin, comme ascension des beautés sensibles à la Beauté intelligible, le désir ne semble plus nous permettre de nous élever, tout au plus de nous divertir.
Nul nostalgie ne rendra à Eros sa superbe; seulement la conscience qu'il n'y a de désir que si quelque chose entre deux êtres est en jeu, c'est-à-dire est l'expression d'une puissance qui sans cesse lie ces 2 êtres tout en se jouant d'eux. Intimité est sans doute un des noms de cette beauté perdue d'Eros tant nous ne semblons plus conscient que le désir est ce qui creuse entre 2 êtres le lieu de leur jouissance comme de leur tourment, le lien qui fait le bonheur et parfois le malheur d'être ensemble.Les images sont de la photographe néerlandaise Marrie Bot dans son travail intitulé Timeless Love (2004)
lundi 14 décembre 2009
Synopsis du cours du 26/11/09 - Anti-aphrodisiaques pour un amour platonique
(Titre repris à l'ouvrage d'Ippolito Nievo, auteur d'un petit livre rageur narrant l'odyssée érotique grotesque de deux personnages, Incognito et Anonyme. Cf. bibliographie.)
Puisque l'amour platonique est un contre-sens fait sur la philosophie du désir dans le Banquet de Platon, il faudrait une fois encore prendre le contre-pied de ces tendances à idéaliser le désir. Mais quelques entrejambes intellectuels ne sont pas inutiles pour s'exercer à comprendre que ces tendances vont à l'encontre d'un eros entremetteur dont la puissance émane de lui seul pour ne faire du désir qu'un dépassement vers autre chose que lui-même. Ce faisant, apparaîtra sans doute combien l'amour platonique n'a de platonicien que le nom, de désirant que l'aspect et de puissance qu'artificiel.
Puisque l'amour platonique est un contre-sens fait sur la philosophie du désir dans le Banquet de Platon, il faudrait une fois encore prendre le contre-pied de ces tendances à idéaliser le désir. Mais quelques entrejambes intellectuels ne sont pas inutiles pour s'exercer à comprendre que ces tendances vont à l'encontre d'un eros entremetteur dont la puissance émane de lui seul pour ne faire du désir qu'un dépassement vers autre chose que lui-même. Ce faisant, apparaîtra sans doute combien l'amour platonique n'a de platonicien que le nom, de désirant que l'aspect et de puissance qu'artificiel.
Au titre d'une démonstration par l'absurde, voici 7 anti-aphrodisiaques comme autant de façons de tempérer, de réduire voire de nier la puissance propre au désir:
- La désillusion, c'est-à-dire la perte de toute illusion quant à la nature élective du désir et la puissance singulière de ce qui unit les amants. (Cf. Ippolito Nievo, Anti-aphrodisiaque pour un amour platonique.) Si l'on ne peut aimer Mlle Morette, Mlle Octavie fera tout aussi bien l'affaire; l'ardeur vertueuse de l'amant et la noblesse de l'aimé suffisent à conférer à la relation sa dignité. Un amour ne peut être que platonique dès lors que l'on ne s'attache pas aux vélléités sensibles du désir pour ne se sacrifier qu'à l'aune de ses vertus morales.
- la courtoisie ou l'amour chevaleresque (la cortezia des troubadours ou le fin'amor des provencaux), c'est-à-dire ce raffinement du désir qui fait de la relation entre amants une épreuve où l'éprouvé doit trouver d'autres ressources que la chair. Un amour mérite le titre de platonique s'il n'est qu'un raffinement par épuration de la dimension sensible du désir orienté vers d'autres dimensions. La chair est encore parfois consommée hélas, mais sous couvert d'une relation qui se veut grandiose.
- la frustration ou l'abstinence, c'est-à-dire le refus volontaire ou involontaire de la satisfaction sexuelle. L'impuissance sexuelle du désir serait le vecteur de sa puissance morale. Un amour est d'autant plus platonique que l'aboutissement sexuel est contrarié permettant de se détacher du sensible pour vaquer à l'intelligible.
- l'idéalisation, c'est-à-dire le processus consistant à sur-évaluer l'objet désiré. Moteur de la ferveur amoureuse, l'idéalisation élève l'objet désiré et m'oblige à être à la hauteur de cet objet. Un amour est d'autant plus platonique que l'on confère à l'objet désiré une valeur impossible.
- la sublimation, c'est-à-dire l'action de purifier, de transformer en s'élevant, mais aussi, en terme psychanalytique, de réorienter certains instincts vers des buts à valeur sociale ou affective plus élévée. Ainsi, du génie de Léonard de Vinci, qui, suivant Freud dans Un souvenir d'enfance, a pour cause primitive une curiosité enfantine pour les parties sexuelles féminines. Un amour est d'autant plus platonique que le désir qui nous pousse est guidé vers des satisfactions plus grandioses.
- l'adoration, c'est-à-dire l'affection passionnée pour quelque chose ou quelqu'un où l'affection est le chemin vers un objet désiré plus haut. Ainsi de la femme comme créature qui est un chemin vers le Créateur dans l'oeuvre de Claudel. L'amour est platonique lorsque les beautés indiquent le chemin vers le Beau lui-même et y mènent de bonnes grâces.
- la bienveillance (ou agapê) c'est-à-dire cette disposition généreuse à l'égard de tous et dont le moteur est la compassion. Parce que le désir est sans objet, il n'est que pure volonté, pure puissance qui l'anime sans visée particulière. L'amour platonique est la pleine puissance du désir en tant qu'il est sans objet, sans intermédiaire pour jouer les troubles-fêtes.
Jouer les acrobates de la pensée doit maintenant permettre de voir combien la puissance du désir n'est rien d'autre que cet intermédiaire entre le corps et l'âme, entre le sensible et l'intelligible, entre beautés sensibles et Beauté intelligible. Sans cette entremise, le désir n'est rien, si ce n'est la puissance extérieure à lui-même qu'on lui confère.
mercredi 9 décembre 2009
Absence
Pour cause de maladie(s), le cours du 10 décembre 2009 ne pourra avoir lieu. Il sera rattrapé ultérieurement. Prochain cours: le jeudi 17 décembre.
lundi 7 décembre 2009
Texte pour le cours du 10/12/09
dimanche 6 décembre 2009
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