Lectures philosophantes

Lectures philosophantes

dimanche 18 avril 2010

Synopsis

Les synopsis des ateliers de lecture sur l'Ethique III de Spinoza sont consultables en suivant
les liens ci-dessous.

La force d'âme
(Synopsis de l'atelier de lecture du 11/03/10)

Le repentir et l'humilité
(Synopsis de l'atelier de lecture du 4/03/10)
En cours


L'émulation
(Synopsis de l'atelier de lecture du 25/02/10)
En cours



Le regret

(Synopsis de l'atelier de lecture du 18/02/10)
En cours

dimanche 4 avril 2010

Synopsis du cours du 1/04/10 - Quid Corpus possit (Ce que peut un Corps) 2/2



La puissance du Corps est donc la puissance comme un certain degré de relation du Corps et de l'Esprit. Mieux, il n'y a de puissance du Corps qu'au titre d'une certaine relation du Corps et de l'Esprit par rapport à ce qui les déterminent à agir ou à pâtir.

Ce faisant, c'est au titre d'une critique de l'illusion du libre-arbitre que Spinoza invoque cette formule Quid Corpus possit, mais non pour donner la primeur de toute détermination au Corps en rejetant toute forme de dessein à l'Esprit. Au contraire, le rejet du libre-arbitre doit se faire au nom d'une juste compréhension des rapports entre le Corps et l'Esprit.
Car, c'est du désir dont il est question ici, en tant que le désir est la façon dont l'homme se rapporte au réel au titre d'un appétit ou, ce qui revient au même pour Spinoza, d'un appétit avec la conscience de l'appétit (Ethique III, définition 1). Désirer, c'est être affecté d'une certaine façon, tant du fait d'une disposition du Corps déterminé par une cause extérieure que d'une aptitude de l'esprit à produire des effets.

Aussi faut-il autant entendre Quid Mens possit que Quid Corpus possit, car ce que peut le Corps est ce que peut l'Esprit. Si l'Esprit est dans l'ignorance de ce qui le détermine à être affecté de telle ou telle façon, alors sa puissance est celle du Corps, c'est-à-dire l'Esprit est disposé à pâtir selon les affections du Corps; si par contre, par une connaissance adéquate des causes, l'Esprit est apte à agir d'une façon différente de ce à quoi le dispose le Corps, alors sa puissance est celle de l'Esprit, c'est-à-dire le Corps est disposé à agir selon les aptitudes de l'Esprit. Les appétits du Corps sont les décrets de l'Esprit non en tant que l'un détermine l'autre, mais en tant que l'un et l'autre expriment un même degré de puissance. Ici, dire le Corps et l'Esprit comme s'il étaient deux choses distinctes relève d'un faux-sens, car la puissance est ici un certain degré de relation entre Corps et Esprit, c'est-à-dire un certain degré de perfection dont est capable un individu à tel ou tel moment.

Ce faisant, désirer est affaire de puissance, c'est-à-dire de dispositions du Corps et d'aptitudes de l'Esprit. Car qui désire se dispose à pâtir ou à agir de telle ou telle façon. C'est pourquoi désirer demande de se connaitre soi-même autant que de connaître ce que peut un Corps, car désirer, c'est être déterminé à agir ou à pâtir selon nos dispositions propres. Dès lors, il ne faudrait jamais dire "je te désire" avec l'assurance d'un gaillard séducteur ou d'une sémillante séductrice, mais "je désire de telle façon" avec la prudence de celui qui sait que le désir n'est pas affaire de volonté mais de puissance. Car qui désire ne fait pas ce qu'il veut, mais ce dont il est capable. Et le risque est grand de se montrer faible alors qu'on se croyait vaillant.

samedi 3 avril 2010

Synopsis du cours du 11/03/10 - La force d'âme (Spinoza, Ethique III, proposition 59 et scolie)

La force d'âme ou fermeté est la source de toutes les opérations dont un individu est la cause adéquate. Elle est en cela corrélative à la puissance de désirer propre à l'individu en tant que cette puissance de désirer définit son rapport particulier au réel. Aussi, la force d'âme désigne ce que peut notre désir, c'est-à-dire en quoi la façon dont on est affecté par telle ou telle chose nous rend capable d'agir plus autant que de pâtir. Dès lors, la force d'âme est variable selon le degrés de connaissance de soi: d'une expérience vague de ce que l'on est jusqu'à une juste connaissance de sa nature, se dessine toutes les variétés de notre puissance de désirer, c'est-à-dire de notre façons d'être affecté par telle ou telle chose.
Ce faisant, la force d'âme désigne l'ambiguïté de notre connaissance de ce qui nous est propre. Aussi y a-t-il des degrés de force d'âme allant de la fermeté confuse, comme entêtement sur ce que l'on croit être notre nature, à une fermeté plus précise, car relative à une connaissance plus juste de soi. Ainsi de la modestie qui est une juste compréhension de notre rôle et notre place dans le monde. Ainsi de la clémence qui est unejuste compréhension des manques de l'autre par rapport à nos propres incapacités.

La force d'âme n'est donc pas la faculté de trouver le juste milieu entre sa façon d'être et des inclinations contraires, mais une puissance sans limite comme capacité à s'adapter le plus adéquatement au réel. Suivant Spinoza, face à la violence des passions, il s'agit moins de tenir bon que de savoir se couler sans violence dans la fluctation de l'âme face aux affections. Aussi n'en finit-on jamais avec le désir en tant qu'il s'agit toujours et encore d'une puissance d'exister par soi le plus adéquatement possible. Avoir une certaine force d'âme, c'est donc être à sa mesure, c'est-à-dire aspirer à une certaine unité entre ce que l'on est et ce que l'on est susceptible de désirer. il n'y a pas d'autre mesure à notre désir que celle que l'on est capable d'y apporter.

Synopsis du cours du 25/03/10 - Quid Corpus possit (Ce que peut un Corps) 1/2

D'Agoty, Ecorché de femme enceinte, 1773


L'expression de Spinoza "Ce que peut le Corps" (Qui corpus possit) a le malheur d'être une formule galvaudée. Sortie de son contexte (scolie, proposition 2, Ethique III), elle sert d'antienne à tous les contempteurs de l'esprit vite empressés de célébrer cette nouvelle lubie que serait le corps. Mais à y regarder de plus près, c'est-à-dire à replacer cette formule au coeur de la question de la relation du Corps et de l'Esprit qui occupe les propositions 1 à 3 de l'Ethique III, la perspective autant que le sens de la formule est autre.
Car la formule doit répondre d'une double difficulté: déterminer ce qu'est le Corps et déterminer ce qu'est la puissance du Corps. Or, autant notre ignorance sur ce qu'est le Corps fait de ce dernier un nouvel objet de connaissance, autant savoir qu'elle est la puissance du Corps engage chacun à mieux connaître ce que le Corps exprime de notre puissance de désirer. Autrement dit, la question de la puissance du Corps engage autant, si ce n'est plus, à une connaissance de soi-même qu'à une connaissance du Corps.

Ainsi, esquissant les déterminants d'une puissance propre du Corps, Spinoza accentue la nécessité de comprendre la structure et les fonctions du Corps autant que de savoir comment l'Esprit meut le Corps de multiples façons. Les capacités du Corps sont autant affaire de physiologie que d'entraînement. Aussi, la puissance du Corps doit immédiatement s'entendre comme la connaissance de la relation du Corps et de l'Esprit. Car ce que peut le Corps, c'est ce que peut cette seule et unique substance que sont le Corps et l'Esprit sur des modes différents.

mercredi 17 mars 2010

Absence

Comme convenu avec les auditeurs, le cours du jeudi 18 mars 2010 ne pourra avoir lieu. Il est reporté à courant juin, date ultérieure à convenir.

dimanche 14 mars 2010

Cinéma et philosophie - séquences: la petite musique du désir

L'analyse d'In the Mood for Love prendra certains thèmes musicaux comme fil directeur. Un time code indique le moment où est extrait la séquence.

Yumenji thème
Séquence 1 (4:12)




Séquence 2 (13:35)




Séquence 3 (22:55)




Séquence 4 et 5 Aquelles Ojes Verdes (26:04) et (31:14)







Séquence 6 et 7 - Quézas, Quézas, Quézas (1:12:20) et (1:19:50)





mercredi 3 mars 2010

Textes pour le cours du 4/03/10 - Spinoza, Ethique III - L'humilité et le repentir ou comment dépasser nos faiblesses?



Le cours prenant la forme d'un atelier de lecture du livre III de l'Ethique de Spinoza, il est demandé aux auditeurs et auditrices de prendre connaissance au préalable des textes suivants et de proposer une lecture de ces textes. Toute intervention est la bienvenue. On procèdera à une analyse plus précise du texte après discussion.

La séance portera sur l'humilité et le repentir (définition 26 et 27 dans la Définition des affects, dernière partie de l'Ethique III)

lundi 22 février 2010

Textes pour le cours du 25/02/10 - L'émulation

Le cours prenant la forme d'un atelier de lecture du livre III de l'Ethique de Spinoza, il est demandé aux auditeurs et auditrices de prendre connaissance au préalable des textes suivants et de proposer une lecture de ces textes. Toute intervention est la bienvenue. On procèdera à une analyse plus précise du texte après discussion.

La séance portera sur l'émulation (définition 33 dans la Définition des affects, dernière partie de l'Ethique III)

On peut se rapporter, comme l'indique Spinoza, à la proposition 27 et son scolie ainsi qu'à la proposition 32 et son scolie.

On peut par ailleurs comparer la définition de l'émulation avec celle de l'admiration (défintion 4 dans la Définition des affects, dernière partie de l'Ethique III)

Synopsis du cours du 21/01/10 - Buster Keaton ou la puissance de la joie.


(Texte à corriger)

Le désir est, chez Spinoza, ce qui nous dispose au monde, c'est-à-dire être inscrit dans le réel comme une certaine façon d'être, une certaine façon d'être affecté par les choses ou idées de ces choses et une façon déterminée d'agir ou de pâtir du fait de ces affections. Ce faisant, si désirer, c'est être disposer d'une certaine façon à quelque chose, le désir est alors une puissance ambiguë en tant que cette disposition peut être autant l'effet d'une certaine puissance d'agir ou d'une certaine puissance de pâtir. Le désir est une disposition affective, et parfois réflexive, qui fait d'un mode de vie parfois aussi un mode de penser.

Ce faisant, cette capacité à se disposer au désir est ce que Spinoza appelle la joie ou augmentation de la puissance d'agir, la seule faculté d'être disposé au désir est, à l'inverse, la tristesse ou diminution de la puissance d'agir. Parce que la joie est une puissance propre à soi qui traduit notre rapport au monde, elle est un mode d'être, une façon de se rapporter au réel. Elle est un présent immédiat, celui d'une concomitance à soi en tant que sa manière d'être sonne juste avec ce que rend possible le réel. La joie comme la tristesse sont et demeurent une capacité à des degrés effectifs divers de composer plus ou moins adéquatement avec le réel.

Il en va ainsi de Malec l'insaisissable alias Buster Keaton dans la séquence extraite de The Goat (1927) ci-dessous en tant que joie et tristesse sont des affects liées aux différents degrés de notre puissance d'agir. La tristesse ou la joie de Malec se traduisent par sa difficulté ou son agilité à composer avec le réel.
(séquence)

Ce faisant, les hommes sont le plus souvent confrontés, dans leurs désirs, à une situation où ils sont affectés par quelque chose dont ils prennent connaissance a posteriori. Autrement dit, ils sont d'abord affectés par les choses et de ces affections se font un certaine idée. L'imagination, si ce n'est la conscience, prend ainsi acte des choses qui affirment leur existence et par les images ou les idées que l'homme se fait des choses, celui-ci affirment ou nient à son tour la puissance qu'il est. Désirer, c'est être touché par quelque chose ou quelqu'un et comprendre ce qui me touche, ce qui me met en joie ou m'attriste.

Ainsi de Buster Keaton dans la séquence suivante extraite de The Goat où Malec est confronté à sa propre image confondue avec celle de Dan la Gachette, il n'a de cesse de passer par différents états selon qu'il comprend ou ne comprend pas la lien entre image et réalité dans la méprise qui fait le sel de la séquence.
(séquence)

Dès lors, il faut répéter combien chez Spinoza, l'homme est toujours d'abord un être en situation. On est d'abord affecté, on réfléchit ensuite à la façon dont on est affecté et ce n'est qu'au titre d'une certaine façon de vivre que nous anticipons sur ce qui peut nous procurer de la joie ou de la tristesse. Aussi, désirer est-il faire ce que l'on peut avec le réel en tant que nous sommes une puissance d'agir dont les degrés disent notre capacité plus ou moins grande à désirer, c'est-à-dire à composer avec le réel.

dimanche 21 février 2010

Synopsis du cours du 14/01/10 - Spinoza ou la puissance de désirer

Fragonard, Le verrou, 1778

Textes

Contrairement à une idée reçue, la devise de Spinoza, "Caute" (Sois prudent!), n'invite pas à la précaution, voire à la défiance, mais à un certain art de vivre. Car ici la prudence est moins la crainte de ce qui peut arriver que l'attention portée à ce que le réel rend possible. Aussi faut-il se faire stratège afin de révéler la véritable puissance de notre rapport au réel.
Puisqu'il ne saurait être question pour Spinoza de nous laisser croire que notre libre-arbitre a une quelconque emprise sur le réel, il nous invite à une juste connaissance de ce qui gouverne le réel pour prétendre se faire l'interprète de notre nature et de la façon dont elle est elle-même en prise avec le réel. Aussi, puisque le sujet désirant n'est jamais vraiment l'auteur de ses actes, il doit se faire interprète de sa partition, c'est-à-dire aspirer à un certain art de vivre qui lui permette de composer avec le réel.
Ce faisant, en matière de désir, l'enjeu reste et demeure la puissance de désirer, c'est-à-dire la capacité à agir ou pâtir dans notre façon singulière de nous rapporter au réel. Aussi, lorsque Spinoza affirme que le désir est l'essence de l'homme (Ethique III, Définition des affects), c'est en tant que le désir est la manière d'être de l'homme dans son rapport au réel, c'est en tant que l'homme est dans un rapport de composition avec le réel. L'homme est une puissance, c'est-à-dire un certain rapport au réel qui s'exprime en terme de capacité à agir sur le réel ou à pâtir de son influence.

Dès lors, l'homme est toujours en puissance de désirer, c'est-à-dire d'affecter ou d'être affecté dans sa relation au réel. Le désir est l'expression d'une façon d'être qui a toujours un coût, qui nécessité une dépense en tant que dans la relation au réel, le sujet désirant doit composer avec le réel, c'est-à-dire d'être capable d'y produire des effets ou seulement d'en subir les causes qui le déterminent.
La devise spinoziste ("Sois prudent!") peut s'entendre alors comme une invitation à un art de la composition avec le réel. Désirer avec justesse, c'est savoir se jouer des causes pour produire autant que possible les effets qui nous comblent; à défaut, on peut ignorer que nous sommes le jouet d'une causalité qui nous déterminent. Il faut donc à apprendre à être le stratège de sa propre vie.

Ainsi du verrou de Fragonard. On a tôt fait de l'interpréter comme la tentative honteuse d'un séducteur de piétiner l'honneur d'une demoiselle. Mais à mieux lire le tableau, ses plis, son mobilier érotisé et son lit défait, on peut aussi croire que, loin d'être la scène d'une certaine violence du désir, ce tableau est le récit de la façon dont deux êtres composent avec les us et coutumes du désir pour se construire un scène intime où s'exprimera leurs êtres. Le verrou n'est pas ici le symbole de la violence du désir, mais le signe de la construction de son intimité, c'est-à-dire de ce rapport singulier qui se tissent entre les deux protagonistes du tableau.

dimanche 31 janvier 2010

Textes pour le cours du 4/02/10 - Spinoza, Ethique III: Le regret ou la temporalité du désir

Comme convenu, le cours se transforme durant quelques semaines en atelier de lecture du livre III de l'Ethique de Spinoza. Il est donc demandé aux auditeurs et auditrices de prendre connaissance au préalable des textes suivants et de proposer une lecture de ces textes. Toute intervention est la bienvenue: impression (j'ai le sentiment que ce texte...), allusion ou image (ça m'a fait penser à ...) questionnement (mais est-ce que ce texte n'est pas...?), interprétation (je pense que le texte veut dire...) ...etc. On procèdera à une analyse plus précise du texte après discussion.

La séance portera sur la définition du regret (déf° 32 de la dernière partie d'Ethique III)


Un renvoi est nécessaire d'une part au scolie de la proposition 47 et à la proposition 18 et ses scolies.


dimanche 17 janvier 2010

Cinéma et philosophie - séquences d'Anatomie de l'enfer, C. Breillat.

Pour des questions d'obscénité, notion ô combien relative et arbitraire, il n'est pas possible de publier un bon nombre des séquences d'Anatomie de l'enfer de C. Breillat utiles pour la séance du 19/01/10.
La séance portera sur la séquence de l'oisillon, sur celle du jeux du docteur et sur une partie de la première nuit.


On pourra consulter les billets sur la transgression chez Bataille:

Bataille ou le désir de la transgression

Texte sur l'érotisme et la fascination de la mort

Erotisme des corps, érotisme des coeurs

Bibliographie

Esthétique de l'obscène (images)

La jouissance dans l'interdit

dimanche 10 janvier 2010

Cinéma et philosophie



Synopsis du cours du 7/01/10 - Abords de l'Ethique de Spinoza: affects et affection

L'apport d'un auteur tient parfois en peu de choses. En déplacant le vocabulaire désignant les mouvements affectifs de l'homme d'emotio ou de passio à affectus, Spinoza fait de la vie affectifve le lieu d'une variation infinie ignorée des hommes. Car les affects sont autant de manières d'êtres diverses et variées suivant des régimes de vies différents. Ainsi de l'attachement au désir en passant par l'amour, la bienveillance ou l'imitation, le même désir se comprend comme autant de manières d'êtres qui dépendent de la connaissance de soi et de la juste compréhension de la réalité de son désir.

Ainsi, (Ethique III, déf°1) l'expérience affective réclame une juste connaissance de ce qui détermine son désir. Puisqu'il n'y a pas de désir retiré du monde ou hors du monde, c'est par et dans le monde que le désir se déploie et par la connaissance de cette adéquation ou inadéquation du désir et du monde qu'un sujet peut se dire désirant. L'adéquation ou l'inadéquation de la connaissance que l'on a de la cause de son désir fait la clarté ou la confusion de nos façons de désirer. En ce sens, on ne désire jamais que maladroitement, c'est-à-dire par et grâce à une connaissance malaisée de ce qu'est désirer. Ainsi du discours du fumeur qui oscille entre conscience d'une certaine dépendance à la cigarette et une revendication d'un plaisir libre de fumer, quelle est la part de vérité et la part d'illusion pour celui qui se sait dépendant mais se croit libre?
Ce faisant, la vie affective est (Ethique III, déf°2) ou active ou passive, c'est-à-dire est le fait de modes d'êtres qui découlent d'une connaissance ou précise ou imprécise de la réalité de notre désir. Si le désir est affection, c'est-à-dire manières dont nous sommes affectés par quelque chose ou quelqu'un, alors seule la connaissance ou l'ignorance de la réalité de notre désir fait de nous les acteurs ou les spectateurs de notre vie affective. Aussi n'y a-t-il de sujet désirant que lorsque une juste connaissance de la réalité de son désir permet une variation par soi-même ou par quelque chose d'extérieur à soi-même de ce qui fait notre désir. Le désir n'est jamais une chose, toujours une variation sur les choses et le sujet désirant un élément sur cette partition qu'est la réalité du désir.
Dès lors, la vie affective (Ethique III, déf° 3) est variation de notre puissance d'agir selon le degré de contrariété et de connaissance qu'impose la réalisation du désir. Le désir est ce qui nous fait agir ou nous agitent selon que le désir nous rend acteur ou spectateur de notre propre vie affective. Aussi, c'est autant la puissance d'agir de mon corps que les idées de mon esprit qui font la réalité de mon désir. Et je ne cesse de m'égarer lorsque j'ignore que mon désir est nécessairement inscrit dans une réalité qui dispose et indispose ce même désir.

Ainsi, le désir est affect et affections, c'est-à-dire mouvement de l'être par soi-même ou par une cause extérieure à soi-même, où seule la connaissance adéquate de la réalité de mon désir me permet de prétendre faire de moi l'acteur (mais non l'auteur) de ma vie affective. Le désir est une puissance de désirer, c'est-à-dire une capacité qui exprime en fait plus qu'en droit la possibilité pour un sujet désirant de faire varier ses états affectifs par une juste connaissance de soi. Désirer, c'est s'émouvoir de nos rencontres, c'est-à-dire être sensible à ce qui, dans nos états, est de nous ou hors de nous, est bon ou mauvais, est connaissance ou illusion. Dès lors, désirer, c'est être pris dans un mouvement dont nous avons ou non la connaissance claire et distincte. Désirer est toujours un mouvement de l'être, mais qui ne peut que nous rendre triste lorsqu'on se méprend sur sa véritable nature.
On ne désire bien que lorsqu'on se connait bien car seule la connaissance fait de nos rencontres autre chose que le fruit d'un heureux hasard.

mercredi 6 janvier 2010

Textes pour le cours du 7/01/10

Ethique III, Définitions



Ethique III, Définition générale des affects




Ethique III, Définition générale des affects, Explication


mardi 22 décembre 2009