Lectures philosophantes

Lectures philosophantes

vendredi 12 juin 2009

Cinéma et philosophie - le vouloir-vivre

Le vouloir-vivre, concept schopenhauerien, peut être illustré à l'aide des film suivant:

De l'eau tiède sous un pont rouge, S. Imamura
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Tout sur ma mère, P. Almodovar
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Voyage au bout de l'enfer, M. Cimino

dimanche 7 juin 2009

Synopsis du cours du 28/05/09 - l'amour sexuel

Le pessimisme n'est pas un trait de caractère de Schopenhauer mais une invention conceptuelle et une disposition éthique conséquente à son système philosophique. Ainsi, le pessimisme n'est pas le simple constat des misères du monde, mais un dispositif critique contre toutes les illusions de nature à nous faire croire béatement que le bonheur est inhérent à la vie.
Dès lors, le pessimisme est une preuve de grande santé intellectuelle: une chose est de dire que la vie n'a aucun sens, une autre est de prendre acte que le sens de la vie est son non-sens. Dans un cas, la lucidité ne vaut que le temps de l'égarement intellectuel, dans l'autre cas, la lucidité est une vision claire de ce que la vie peut apporter. Aussi, le pessimisme n'est-il pas un préambule à la dépression, mais une assurance contre le malheur.

La métaphysique de l'amour sexuel, chp. 44 des Suppléments au livre IV du Monde comme Volonté et comme Représentation, est l'illustration des vertus du pessimisme. Schopenhauer y élabore une critique des illusions de la passion amoureuse non sans souligner son importance. L'amour sexuel est l'enracinement de la passion amoureuse dans l'instinct sexuel. Les formes les plus diverses de marivaudages, formes individualisées de la Volonté, ne sont, au final, qu'instinct sexuel, c'est-à-dire expression du vouloir-vivre.
Ce faisant, le vouloir-vivre est principe de toutes choses et les multiples formes de l'amour ne sont que le miroir de la Volonté. Cependant, on aurait tort de n'opérer ici qu'une réduction de l'amour à l'instinct sexuel, car, bien que la Volonté soit le principe, celle-ci affirme son but sous des formes à chaque fois individualisées. Aussi, tandis que la Volonté veut le sexuel, l'individu veut l'amour. L'objet d'amour répond certes à un besoin propre à la Volonté, mais ma volonté pare ce but des apparences d'un amour singulier.
Il convient dès lors de considérer que le but de l'amour sexuel est la procréation. Autrement dit, derrière les inclinations qui poussent à aimer tel objet d'amour, se cache un principe de perpétuation de la vie. Mais si l'amour est une illusion qui dissimule la procréation, il ne faut pas en déduire que l'amour est une erreur, mais seulement une illusion. En effet, dans la conclusion à sa Métaphysique de l'amour sexuel, Schopenhauer affirme que l'illusion de l'amour sexuel est l'effet de l'indestructibilité de l'être en soi de l'homme, c'est-à-dire la Volonté. Ce faisant, les illusions de l'amour sexuel ne sont pas des futilités, mais une nécessité pour la vie.
Le concept d'amour sexuel doit donc s'entendre comme une métonymie où se conjuguent un principe universel, la Volonté comme vouloir-vivre, et un principe particulier, ma volonté comme désir amoureux. Aussi , le pessisme, invention de Schopenhauer, nous invite à distinguer entre faire l'amour (expression du vouloir-vivre) et croire en l'amour (représentation illusoire de ce même vouloir-vivre). Il n'y a nul malheur à se reproduire, mais se faire des illusions sur ce que nous apportera cet amour de la vie, c'est se destiner à souffrir. Auquel cas il faut en conclure que le désir est un instinct sexuel qui a pris corps et me fait parfois espérer plus que le seul bonheur de donner la vie.

vendredi 5 juin 2009

Synopsis du cours du 14/05/09 - Schopenhauer, le vouloir-vivre

L'oeuvre de Schopenhauer est, pour son malheur, recouverte de l'ombre de sa caricature. Inventeur du pessimisme, il passe pour un vulgaire grincheux; prophète d'une seule vérité, celle qui révèle l'énigme du monde, on a tôt fait de le réduire à n'être qu'un solitaire mysanthrope et mysogine ou un nihiliste désabusé. La caricature du philosophe attire plus que son système.

Mais Schopenhauer lui-même a forgé sa caricature, car il ne fut l'homme que d'une vérité, sans cesse reformulée pour le meilleur et pour le pire: le monde que nous nous représentons n'est pas le monde lui-même comme Volonté. Mais, bien que notre perception du monde, soumise au principe de raison suffisante, soit limitée par les formes a priori de la sensibilité que sont l'espace, le temps et la causalité, nous avons connaissance des manifestations de notre volonté par l'expérience de notre corps. Ainsi, lorsque je crois vouloir une chose, je présens que cet objet de ma volonté est le but d'autre chose que ma seule volonté . Si je désire telle personne, celle-ci est l'objet de ma volonté, mais aussi le but de la Volonté comme satisfaction des besoins de la vie. Il faut dès lors distinguer entre la cause et l'excitation: cette dernière, par son intensité, me fait croire que ma représentation est cause de mon désir; c'est là ne pas voir que ma représentation est causée par un désir qui dépasse mes considérations individuelles.
Ce faisant, que veut la Volonté ? Ma volonté est la représentation d'un motif à mon désir, tandis que la volonté est la visée d'une perpétuelle continuation. Dès lors, je crois être sujet de ma volonté alors que je suis l'objet de la Volonté. Lorsque je veux manger telle chose, la représentation de ce que je veux manger est mienne, la volonté de manger est volonté de la Volonté. La Volonté est alors ce vouloir-vivre qui répond à des nécessités dépassant les considérations individuelles. La Volonté est cet effort sans fin toujours en jeu dans les actes de ma volonté. Aussi suis-je l'objet de la Volonté en tant qu'elle me fait vouloir ce qui est nécessaire à la vie.

Dès lors, la Volonté implique 3 restrictions quant à la nature de mon désir: 1/ de mon désir, je n'ai qu'une représentation de ce que je désire, non de ce qu'est désirer; 2/ il est nécessaire qu'il y ait une certaine conformité entre ce que je désire et ce qu'est a Volonté, car sinon, je ne fais que désirer mon propre malheur; 3/ non seulement mon désir est aveugle à ce qui l'excite et le détermine, mais plus encore la Volonté est sourde à toutes formes de revendications individuelles. Ma volonté sait ce qu'elle veut, mais la Volonté ne sait que vouloir, sans qu'il y ait un quelconque but, une quelconque fin à cette volonté autre que vouloir. Dès lors, désirer est, ou manquer ou s'ennuyer: c'est vouloir ce qui nous manque, c'est-à-dire ce que veut la Volonté, ou c'est vouloir que ce veut la Volonté, c'est-à-dire s'ennuyer à défaut de savoir ce que l'on veut.


jeudi 4 juin 2009

Paysage sonore - le manque

Les playlists relatives à un thème philosophique sont renvoyées en marge du blog (colonne de droite).

mercredi 3 juin 2009

Textes pour le cours du 04/06/09 - Descartes, Traité des passions de l'âme

La lecture du Traité des passions de l'âme de Descartes commencera par les articles 17 à 29 de la première partie.
On trouvera une édition de référence disponible en ligne, édition annotée et introduite par G. Rodis-Lewis.



Descartes, Traité des passions de l'âme, I

§17
§18 à 20
§21 à 23
§24 à 26
§27 à 29

lundi 1 juin 2009

Séances de rattrapages

En vue de rattraper quelques séances qui n'ont pu avoir lieu tout au long de l'année universitaire, les cours de philosophie du jeudi soir se poursuivent jusqu'au 25 juin inclus. Sauf avis contraire, ils auront lieu au Palais Universitaire dans la salle habituelle.

dimanche 31 mai 2009

Séquences - Pulsion de mort, pulsion de vie.

Séquences pour le cours Cinéma et philosophie du 02/06/09


Pulsion de mort






Pulsion de vie


dimanche 24 mai 2009

Séquences pour le cours du 26/05/09 - Haneke ou le sens de l'image.

Le sens du réel extrait du 7ème continent (1989)





Le sens de la violence extrait de Benny's Vidéo (1992)

vendredi 22 mai 2009

Aphorisme

L'aphorisme est l'expression la plus brève possible d'une pensée. Comme énoncé, elle est la posture d'une pensée; comme figure, elle suppose l'exercice de la pensée pour la dénouer.

Textes pour le cours du 28/05/09 - Digression: l'amour sexuel

mercredi 20 mai 2009

Synopsis du cours du 07/05/09 - Digression: le charme

Par son concept d'inquiétude, Leibniz fait de tout sujet désirant un étourdi: d'une part, car c'est un manque d'attention aux multiples déterminations qui incitent notre désir qui donne à notre désir son charme si particulier, d'autre part, car nous sommes dans un état de continuelle agitation qui fait du désir une expérience malaisée.

Ainsi, ce sont ces multiples petites perceptions qui font le charme des choses, ce je-ne-sais-quoi qui nous séduit confusément. Ce faisant, le charme est cet attrait indéfinissable bien qu'efficace. Il est cette qualité labile des choses de nos désirs, c'est-à-dire ce mouvement de notre désir dont les raisons nous échappent. Le charme, n'est-ce qu'étymologiquement, tient de la magie. Il est cette force, précise quant à l'attrait qu'elle exerce sur moi, mais confuse quant aux motifs de cette attirance. Le charme de quelqu'un est ce je-ne-sais-quoi qui me séduit pourtant.
Ce faisant, le charme a un pouvoir d'élection en tant qu'il peut séduire quelqu'un par ses effets aussi obscures qu'efficaces. Aussi, de la même façon qu'être charmé, c'est être inquiété, c'est-à-dire être sous l'emprise d'une multiplicité de perceptions non-aperçues, être charmeur peut semble être la capacité à inquiéter le désir de l'autre en le soumettant à notre pouvoir de séduction. Le charme n'est cependant pas une faculté que l'on maitrise, un pouvoir que l'on exerce. Il est ce presque-rien qui séduit telle personne par le hasard d'une rencontre, d'une disposition d'esprit ou de corps. Si le désir est inquiétude, c'est-à-dire multitudes de perceptions qui inclinent notre désir, alors ce n'est qu'au titre d'une heureuse et harmonieuse combinaison que le charme agit. Il est la conjugaison d'une multitude de perception qui n'ont de cesse d'inciter nos volontés. Si "le charme est la beauté des laids", c'est parce que leur laideur détourne notre attention et nous rend plus attentif à d'autres qualités de la seule beauté du corps.

Aussi désirer, est-ce tendre confusément vers ce que nous souhaitons. Il est ce jeu ambivalent des apparences entre la fausse clarté des motifs de notre volonté et les confuses incitations de notre désir qui échappent à notre attention. Le charme est le révélateur de ce jeu subtil qui engage notre désir.

dimanche 17 mai 2009

Cinéma et philosophie - séquences pour le cours du 19/05/09

Désir et pulsion

Les synopsis des cours relatifs à la notion de pulsion se trouvent ici:
Introduction à la problématique du désir chez Freud
Désir et souhait (Wunsch)
Pulsion (Trieb)
Pulsion de vie, de mort (Eros et Thanatos).


Séquence 1 - épanchement et censure





Séquence 2 - séduction et contrat

dimanche 10 mai 2009

Cinéma et philosophie









Avec
le cinéma L'odyssée
et
l'Université populaire Européenne

Cinéma et philosophie
séance 4


Samedi 16 mai 2009 à 16h

en présence de B. Baas et G. Florence, professeurs de philosophie
Dialogue sur le thème "désir et pulsion"

Cours d'analyse conceptuelle et d'analyse de films les mardis 19 et 26 mai et le mardi 2 juin 2009 à 20h , Cours St louis, quai Finkwiller à Strasbourg.
Inscription préalable nécessaire auprès du secrétariat de l'Université populaire en suivant ce lien.

Textes pour le cours du 14/05/09 - Schopenhauer, le vouloir-vivre.










On peut par ailleurs consulter les fac-similés des manuscrits des oeuvres de Schopenhauer.

samedi 9 mai 2009

Bibliographie - l'inquiétude

De Leibniz:
Les Nouveaux Essais sur l'entendement humain, en particulier la préface et partie II, chp. 20, éd° GF, 1994.
La Monadologie, § 20 à 24

Sur Leibniz:
J. Chazaud, Leibniz pour les psys, éd° Empêcheurs de penser en rond, Synthélabo, 1997.
Y. Belaval, Leibniz: initiation à sa philosophie, Vrin, 2005
G; Deleuze, Le pli, éd° Minuit, 1988
Cours de Deleuze sur Leibniz

Sur l'inquiétude et ses implications comme le charme...
Jankélévitch, Le je-ne-sais-quoi et le presque-rien, en particulier le tome 1, point-Essai, 1981
J. Laurent, Le charme, éd° Philosopher, Larousse, 2008

vendredi 8 mai 2009

Cinéma et philosophie - l'inquiétude

Le concept d'inquiétude chez Leibniz peut connaître quelques variations dans les films suivant:

In the Mood for Love, W. Kar-Wai
Plus d'infos sur ce film

Eternel Sunshine of the Spotless Mind, M. Gondry
Plus d'infos sur ce film

Rétribution,K. Kurosawa





L'amour à mort
, A Resnais

vendredi 1 mai 2009

Synopsis du cours du 16/04/09 - L'inquiétude

Le lien entre désir et plaisir relève d'une fausse évidence: le plaisir comme finalité naturelle et spontanée du désir est une idée au moins simpliste, au pire vulgaire. Ainsi, Leibniz, dans ses Nouveaux essais sur l'entendement humain, met en lumière, grâce au concept d'inquiétude, combien le plaisir autant que la douleur sont les inclinations du désir.
Et en effet, c'est au titre d'une vision confuse des motifs de notre volonté quienous croyons désirer le plaisir sans voir que nous fuyons la douleur. Notre volonté est remplie d'une multiplicité de motifs (ou petites perceptions) qui travaillent notre désir sans que nous en apercevions la nature et l'influence. Ces perceptions non aperçues sont autant de déterminations de notre désir. Ainsi du bruit d'une chute d'eau dans notre voisinage: par habitude, nous n'y faisons plus attention, bien que nous entendions encore son bruit et en subissions l'influence. Le monde est plein de bruit qui nous agitent sans retenir pourtant notre attention. Confuse, notre perception des choses n'entend pas cette clarté et cette richesse du monde.



Il faut pourtant bien que ces petites perceptions agissent quand bien même elles échappent à notre attention. Ce faisant, c'est non pas au titre d'un motif de la volonté que notre désir s'oriente vers tel ou tel objet, mais du fait d'une certaine inquiétude, c'est-à-dire du fait de cet ensemble de perceptions insensibles, plaisantes et/ou douloureuses qui oriente notre choix. Nous sommes déterminés à vouloir le plaisir parce que nous ne voyons pas la part de douleur qui nous pousse à le désirer. Loin d'être des motifs de la volonté, plaisir et douleur en sont donc les inclinations.

Aussi, désirer, c'est s'inquiéter de son plaisir, c'est-à-dire vouloir confusément ce qui nous plaît sans apercevoir ce qui nous trouble. Comme la faim est la douleur qui oriente notre plaisir de manger, la multiplicité des aiguillons de notre désir inquiéte notre volonté et construit ses motifs. Désirer, c'est s'inquiéter, c'est-à-dire se mettre dans le meileur état possible, poursuivre le plus agréable mais sans que ne cesse confusément de travaillr les multiples aiguillons du désir.

Synopsis du cours du 09/04/09 - Le désir comme manque, de l'affect à la volonté.

On conviendra désormais que l'expérience du désir baigne dans cette constante ambiguité de désigner le manque comme source du désir alors que celui-ci n'en est qu'une composante. Quelque chose nous échappe dès lors que l'on manque de quelque chose ou de quelqu'un. A vouloir affirmer que le désir est manque, c'est notre désir qui est manqué tant le manque est extérieur au sujet désirant.
Le désir est quelque chose de l'ordre du manque, mais non le manque lui-même.

Ainsi de l'incomplétude dans le Banquet de Platon où le manque est à la fois une propriété du sujet désirant (comme cette moitié de moi-même que je désire) mais aussi une ruse du désir quant à son objet (la satisfaction sexuelle comme expédient au manque).
Ainsi de la possession dans l'Être et le Néant de Sartre où le manque est à la fois ce vouloir être qui me pousse vers l'autre (être possédé comme appropriation) et, en même temps, fait que le désir n'a pas d'être propre (l'appropriation comme un devenir autre).
Ainsi de la transgression dans l'Erotisme de Georges Bataille où le manque est ce qui excite le désir (l'interdit) et lui fait horreur (l'obscènité de la mort et du néant).

Dès lors, sans être le désir lui-même, le manque est une façon de désirer mais dont l'agencement qui fait désirer n'est pas propre au désir lui-même. Autrement dit, le manque est une faiblesse de la volonté qui nous fait désirer sans vouloir.

lundi 13 avril 2009

Textes pour le cours du 16/04/09 - Leibniz, l'inquiétude (désir et volonté).

Leibniz, Nouveaux essais sur l'entendement humain, livre II, chp. 20



Leibniz, Nouveaux essais sur l'entendement humain, préface

mardi 7 avril 2009

Texte pour le cours du 9/04/09

Cours de transition le désir comme manque, de l'affect à la volonté.
Texte de G. Deleuze et C. Parnet extrait de Dialogues, III. Psychanalyse morte analysez, partie 2